‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 263 sur 457 · ÉTAT DU MONDE GREC · texte numérisé non relu

ÉTAT DU MONDE GREC

l'autonomie communale*; pour tout le reste, elles sont dans la dépendance soit d*Antigone, soit de Lysimaque, soit de «dynastes» ou tyrans nationaux ; heureuses Rhodes, Cyzique, Byzancc, à qui leur situation particulière d'États commerciaux, leur politique prudente et modérée, assure une neutralité respectable ; heureuse la Sicile, où le grand aventurier Agathocle a galvanisé de nouveau la fibre politique par des victoires en Afrique ; heureuse la. Grande-Grèce ellemême, où la riche Tarente, avec son gouvernement sage et maître de lui, donne même aux petites villes le sentiment qu'elles ont encore un point d'appui! Mais dans l'Hellade, dans le Péloponnèse, il n'y a plus que des scories; dans les villes, grandes et petites, plus que misère croissante, dissolution politique, désespoir: des milliers delem^ habitants sont allés rejoindre Ophélas, pour chercher le repos et la paix dans la lointaine Libye et oublier leur patrie dans un monde nouveau.

Il n'y a qu'un seul point où la situation ne soit pas aujsi misérable, le pays des Étoliens. Ces populations grossières, braves, avides de butin, libres et sûres dans leurs montagnes, continuent de résister à la puissance menaçan^te de la Macédoine; fortifiée par cette lutte, leur Ligue antique se développe sous une forme qui se montre bientôt la seule capable d'assurer leur salut contre des puissances monarchiques d'une force bien supérieure; ils gardent leur indépendance, et, avec leur constitution élastique et simple, ils sont le seul peuple libre de la Grèce. Depuis un temps immémorial, ils ont vécu en mésintelligence avec leurs voisins de l'ouest, les Acarnaniens; presque toujours ils ont été les provocateurs et les spoliateurs; ils ont même été une fois déjà leurs maîtres et les

*) Celte opinion s'appuie sur Tordre adressé par le roi Philippe Arrhidée aux citoyens d'Érésos (ap. Conze, Reise auf der Insel Lesbos, p. 35) au sujet des condamnations prononcées par le peuple, et sur le décret honorifique en l'honneur de Malousios (G. Hirschfeld in Archdol. Zeitung, 1875, p. 153), décret dans lequel le synédrion des villes groupées autour d'IIion envoie à plusieurs reprises des ambassades à Antigone avant qu'il ne soit roi, et encore après qu'il l'est devenu, 0[icèp] tt)ç eXeuOepîaç naù. aurovojita; tôv ti6).e(i)v Tûv xoivovouaûv toO lepoO (Voy. ces deujc documents dans ['Appendice de VHislom d*Akxandre^ p. 772 sqq. 783 sqq.).

Page 1