LES ÉTATS DU PÉLOPONNÈSE [IH
s'il y avait en Arcadie des garnisons macédoniennes*, ni dans quelles villes; dans tous les cas, Tappel que fit Ptolémée en 308 pour demander qu'on Taidât à délivrer les villes grecques avait été adressé aussi aux Arcadiens, mais n'avait pas eu d'effets appréciables.
Les épouvantables désordres des années de guerre, de 316 à 311 , avaient surtout éprouvé les pays des côtes, Argos, FAcbaïe, l'Élide ; ces derniers étaient enfin , en Tannée 308, au pouvoir les uns de Cassandre, les autres de Polysperchon, qui, allié désormais avec le premier, était venu dans le Péloponnèse et avait occupé les villes de l'Achaïe. Mégare avait été cédée par Ptolémée à Cassandre , et avait, comme Argos, une garnison macédonienne; laMessénie^ elle aussi, et l'Élide autrefois dévouée à Antigone, étaient sans doute occupées de la même façon : il n*y avait plus de troupes égyptiennes qu'à Corinthe et à Sicyone. Plus d'une fois déjà, la pensée de réunir le Péloponnèse sous une même souveraineté avait été sur le point de se réaliser; c'eût été un grand bienfait pour ces États, qui, séparés par une prétendue liberté, tombaient au pouvoir tantôt de l'un, tantôt de l'autre.
Etrange était dans ce temps-là la situation de Sparte : les anciennes lois et formes politiques de Lycurgue y subsistent encore , mais Tesprit en est perdu et il n'en reste plus trace; la plus honteuse immoralité y règne ; la bourgeoisie est réduite à quelques centaines de citoyens à peine; la loi de Lycurgue, respectée en apparence, est un mensonge ; plus le cercle d'idées dans lequel on devait se mouvoir était étroit, plus les sentiments étaient grossiers ; les lettres et les sciences, consolation et espérance des autres Hellènes, étaient toujours bannies de Sparte. Au point de vue des affaires du temps, Sparte ne présente guère d'autre intérêt que d'être, avec son territoire du Ténare, le centre général de recrutement pour tous les partis : de nobles Spartiates ne songent qu'à partir comme condottieri ; le fils du vieux roi Cléomène II, Acrotatos, conduit lui-même vers 315 une armée de mercenaires à Tarente
*} Le fait est vraisemblable, d'après ce que l'on aura occasion de dire à propos de Texpédition de Démétrios.