DÉMÉTRIOS DE PUALÈAE [III
ville, il se montra, disent les uns, bienveillant, intelligent, excellent homme d'État; mais d'autres lui reprochent de n'avoir employé aux besoins de l'administration et de l'armée* que la moindre partie des revenus de la ville, qu'il avait fait monter, avec l'appoint des subsides égyptiens et macédoniens, jusqu'à 1200 talents., et d'avoir dépensé le surplus soit pour les fêtes publiques et le faste extérieur, soit en orgies et débauches. Cet homme qui, par ses préceptes, voulait être le restaurateur des mœurs à Athènes, les corrompît lui-même par ses exemples plus que suspects ^ Tous les jours, dit-on, il tenait table ouverte, invitait chaque fois un grand nombre de convives, et surpassait par la dépense de ces festins les Macédoniens eux-mêmes, comme il surpassait pour l'élégance les Cypriotes et les Phéniciens. On aspergeait la salle avec du nard et de la myrrhe; on semait des fleurs sur le plancher; les appartements étaient décorés de tapis et de peintures de grand prix; sa table était choisie et abondante, au point que Tesclave chef de cuisine, qui bénéficiait des restes^ put au bout de deux ans, avec l'ai'gent de ces menus profits, acheter trois propriétés. Démétrios, ajoute-t-on, aimait le commerce secret des femmes et les visites nocturnes aux jolis garçons ; il abusa d'enfants de condition libre et séduisit les épouses des hommes les plus haut placés ; tous les adolescents enviaient Théognis, qui était l'objet de son amour immonde : le privilège de s'abandonner à lui passait pour si enviable, que chaque jour, quand il faisait sa promenade après dîner dans la rue des Trépieds, les plus jolis garçons s'y réunis-
si spirituelles que soient les anecdotes, sont du commérage politique et littciraire.
*) L'inscription publiée par W. Vischer (Kleine Schnflen, II, p. 87) nous apprend qu'il a été cinq fois stratège, une fois hipparque. Cf. Polype»., IV, 7, 6. *
') Douris (fr. 26 ap. Athen., XII, p. 542) s'exprime comme il suitr^tou aXXoïc Tiôliievo; Oe<TpLoù; AT^pn^Tptoç xa\ touç pioyç Tarrwv, àvoiioOitYjtov eavTÛ tbv piov xaTSdxeuaCev. Diogène Laërce (V, 75) est d'accord avec lui : tb èic\ tri; apX^; auToO Êirlypa'î/av àvopiîa;. Le Démétrios qui fut archonte en 01. CXVII, 4 est bien Démétrios de Phalère : Diodore (XX, 27) le dit, et c'est ce qui résulte également du fragment précité de Douris et du vers d'un poète boursouûé inséré dans ce môme fragment. Pausanias (I, 25, 6) l'appelle tyran d'Athènes.