OL. cxvm, 1] déuétrios et sa flotte
ment voir Athènes ; tout dans [cette ville lui est chor, admirable, rayonnant de la splendeur suprême ! Quelle gloire pour lui quand il ira chez les Athéniens et qu'il proclamera devant eux la liberté I S'il apparaît alors sur la place publique de la splendide cité, dans ses temples, dans ses portiques, comme le peuple louera sa beauté comme il applaudira au charme de ses discours, comme il joindra son nom à ceux d*Alcibiade et d'Aristogiton, comme il le couronnera et l'entourera de ses acclamations ! Et lui-même, comme il échangera de bon cœur les lauriers de ses victoires en Orient contre les couronnes que la libre Athènes lui consacrera I
Et voilà que Tordre de son père l'appelle à Athènes, avec mission de lui apporter la délivrance ! Que lui importe ce que la politique ordonne, ce qu'elle permet et ce qu'elle défend ? c'est avec enthousiasme qu'il reçoit Tordre de son père. Tordre qui lui fournit l'occasion d'accomplir le vœu suprême de sa vie. Il Veut apparaître digne et puissant aux yeux des Athéniens : une flotte de 250 voiles Taccompagne ; il a à sa disposition SOO talents d'argent, de nombreux soldats, des machines de guerre, des armes, des ressources abondantes et de toute nature. C'est ainsi qu'il s'embarque à Éphèse V
Il arrive à Sounion sans avoir rencontré d'obstacles; là, il laisse la plus grande partie de sa flotte jeter Tanore à Tabri du promontoire, puis, avec vingt navires choisis, il gouverne le long de la côte, comme s'il allait à Salamine*. Du haut de Tacropole d* Athènes, on voit cette brillante escadre ; on croit que ce sont des vaisseaux do Ptolémée qui se rendent à
<) DiODOR., XX, 45.
*) iHiJiimr) fOfvovTo; doipYtjXtfiivoc (Plut., Demeh . 8), dans Tannée de l'archonte Charinos (01. CXVIII, 1). D'après la Table d'IoBiKn {Handb. I, p. 387), ceci correspondait dans le calendrier julien au 12 juin 307 ; mais les calculs d'IoELER sont fondés sur Thypothèse que Ton employait à Athènes depuis Méton le cycle d'intercalation de cet astronome. Or, Uscner (Bhein. Mm. XXXIV [1879], p. 388 sqq.) a démontré que le cycle métonien n'avait été adopté qu'en 01. CXVI, 3 et 4, deux années qui, d'après les inscriptions (C. I. Attic, II, n" 234 et 236), ont été toutes deux embolismiques : encore a-t-on été obligé par la suite d'ajouter et d'intercaler des jours pour rester d'accord avec le cours de la lune. Il est actuellement impossible de déterminer la date exacte, en »tylo julien, de l'arrivéo do Uémélriqs à Athènes.