‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 273 sur 457 · DÉMÉTRIOS AU PÎRÉE [III · texte numérisé non relu

DÉMÉTRIOS AU PÎRÉE [III

Corînlho, puis on les voit virer de bord et gouverner vers le Pirée ; on prend des dispositions pour les laisser entrer dans le port intérieur. Ce n'est qu'alors qu'on s'aperçoit de Terreur: on court aux armes pour se défendre, mais déjà Démétrios a pénétré par l'entrée non barrée du port ; il se montre à la multitude armée, sur le pont du vaisseau amiral, dans tout l'éclat de ses armes ; il fait signe aux Athéniens de se taire et d'écouter, et fait proclamer par un héraut quil a le bonheur d'être envoyé par son père Antigone pour délivrer Athènes, chasser la garnison macédonienne et rendre aux Athéniens la constitution et les lois de leurs pères*. Là-dessus, les Athéniens déposent leurs boucliers et applaudissent; ils poussent de grands cris de joie, l'appellent leur sauveur, leur bienfaiteur ; ils l'invitent à débarquer et à accomplir ses promesses. Cependant Démétrios de Phalère et Diônysios, le phrourarque de Munychie, ont garni de troupes les murailles et les tours du Pirée ; ils réussissent à repousser les premières attaques, mais ensuite les troupes débarquées gagnent du terrain ; à chaque pas qu'elles font en avant grandit le nombre de ceux qui passent de leur côté : le Pirée est au pouvoir de Démétrios. Diônysios s* enfuit à Munychie, et Démétrios de Phalère rentre précipitamment dans la ville. L'agitation la plus fiévreuse y règne ; il est évident que tout va s'écrouler ; le maître de la ville commence à être inquiet pour sa sûreté personnelle et croit avoir à craindre les citoyens plus encore que le vainqueur. Il envoie dire au stratège Démétrios qu'il est prêt à rendre la ville, et qu'il implore sa protection. Son ambassade est accueillie avec la plus grande bienveillance : le stratège fait répondre que son estime pour le caractère personnel et les brillantes qualités de l'administrateur d'Athènes est trop grande pour qu'il ait la moindre envie de le mettre en danger. C'est avec ce message qu'il envoie dans la ville le Milésien Aristodémos, un des amis, qui est chargé en plus de veiller à la sâreté de l'homme si cruellement éprouvé et de l'inviter, lui et quelques autres citoyens, à venir trouver

^) C'est du moins ce que dit Plutarque {Demelr. 8). II y a désaccord entre lui et Polyœnos (IV, 7, 6), notamment sur un point : Polyœnos assure que toute l*escadre de Sounion élait venue au Pirée avec ces vingt vaisseaux.

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