OL. cxviii, 2] pébiétrios et cratésipous
le vainqueur, pour régler avec lui ce qu'on allait faire. Le lendemain, Démétrios de Phalère et quelques autres, que le peuple avait désignés, arrivèrent au Pirée pour signer Tacle qui restaurait la liberté d'Athènes ; lui-même demanda au stratège la permission de quitter, sous escorte sûre, le territoire de TAttique et de se retirer à Thèbes. Cette permission lui fut accordée sans difficulté, et il quitta cette ville dont il avait été le maître pendant plus de dix ans \
Le stratège Démétrios fit dire au peuple d'Athènes que, malgré son désir le plus vif, il n'entrerait pas à Athènes avant d'avoir accompli Tœuvre d'affranchissement par la prise de Munychie et la soumission de sa garnison. Il fit venir Tescadre de Sounion, entourer de retranchements la forteresse du port de Munychie, dresser ses machines et prendre toutes les dispositions pour s'emparer de cette solide position. Dans l'intervalle, il résolut d'aller à Mégare, où se trouvait également une garnison de troupes de Cassandre \ Pendant les travaux du siège de cette ville, Démétrios courut lui-même en Achaïe, où l'attendait une aventure : à Patrae vivait Cratésipolis^ la belle et courageuse veuve d'Alexandre de Tymphaea ; elle lui avait fait savoir qu'elle était prête à le recevoir. Il était accompagné 4'un petit nombre de troupes légères; arrivé dans le voisinage de la ville, il leur fit faire halte et dressa sa tente à une grande distance de ses soldats, afin de pouvoir jouir sans être dérangé de l'heure du berger avec la belle veuve. Mais les ennemis accoururent, fondirent à Timproviste sur la tente, et Démétrios eut à peine le temps de prendre un vêtement ; il échappa à grand'peine, et sa tente, avec toutes les magnificences qu'il avait sans doute préparées pour sa galante visite, tomba aux mains ^es ennemis ^ Revenu à
*) DiODOR., XX, 45. Plut., Detnelr, 9. Ces deux auteurs, grâce à leurs divergences de détail, se complètent en quelque sorte l'un l'autre. Démétrios de Phalère s'en alla en Macédoine, et de là, après la mort de Cassandre, en Egypte (DiOG. Laert., V, 78. Strad., IX, p. 398).
*) ToO yàp 'AvalixpaToy; apxovxo; eudù |ikv y^ twv Meyocpscov iciXi; lâXu> (Pni- LOCH., fr. i4i, ap. Diax. Hal., DeDinarch, 3), c'est-à-dire, dans l'été de 307,
^) Cette histoire galante, rapportée par Plutarque, peut bien provenir de Douris et faire partie des commérages malintentionnés de l'époque ; mais elle mérite d'être vraie, tant elle va bien. à celui qui en est le héros. " '
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Mégare^ il pressa le siège ; la ville ne tarda pas à être prise, et déjà les soldats se mettaient en devoir de la piller^ lorsque, sur l'intercession des Âlhcniens, les citoyens furent épargnés et la liberté des Mégariens proclamée*.
Là-dessus Démétrios revint à Munychie, où la lutte fut continuée avec la plus grande ardeur. Les troupes de Dionysios combattaient vaillamment, favorisées par le terrain et les solides ouvrages de la forteresse. Enfin Démétrios, qui avait la supériorité du nombre et possédait de nombreuses machines de siège, réussit à prendre Munychie d'assaut, après avoir deux jours de suite renouvelé l'attaque avec des troupes fraîches : l'action meurtrière de l'artillerie avait décimé les défenseui*s des remparts ; les troupes macédoniennes jetèrent leurs armes et se rendirent; Dionysios fut fait prisonnier. Démétrios fit ensuite raser les fortifications du port et proclamer la complète délivrance d'Athènes, alliance et amitié de sa part avec le démos d'Athènes. Ces événements ont dû se passer en août ou septembre 307 ^
Enfin Démétrios, à la prière répétée des citoyens, fit son entrée à Athènes au milieu des acclamations sans fm du peuple ; il convoqua l'assemblée du peuple dans YEcclésia et
*) C'est le récit de Plutarque (V)id.). Le même auteur (De educ, liber. p. 5) dit, non sans hyperbole, que la ville fut rasée. Elle doit avoir été, en tout cas, fort maltraitée, si Ton en croit les anecdotes relatives à Stilpon (Senec, De constant, scqnent. 5. Plut., Demetr. 9). Démétrios demanda au philosophe si on lui avait enlevé quelque chose de son avoir. « Non, répondit celui-ci, car je n'ai vu personne qui m'ait enlevé ma science ». Une autre fois, comme Démétrios prenait congé des habitants en disant : « Je vous laisse une ville absolument libre », Stilpon répliqua : « Effectivement, tu ne nous as laissé à peu près aucun esclave » (tCas Oepatic^vrcav oxtBw àicàvTuv dcaxXo-
névTblv).
*) Diodore (XX, 46) relate l'expédition contre Mégare après la prise de Munychie; Plutarque, '«vaiU cet événement. On voit par Philochore (/V. 144), un auteur digne de confiance, que la version de Plutarque est la vraie.
3) C'est au siège de Munychie que se rapporte une inscription très mutilée, mais conservée en double exemplaire (C. I. Attic, II, n" 252. Kôhler, Miltheil, d, arch, Instit. V, p. 281), où il est question de subventions ou contributions aux dépenses. On voit par cette inscription que les cotisations furent versées alors qu'on était encore lit *Ava]ÇtxpdtTouç ap-/ovTo;, et que, par conséquent, Munychie n a été prise qu'en 307/6. La formule pfaaiUwç
AjiQpirjpiov employée dans l'inscription montre qu'elle a été gravée un an plus tard.