‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 275 sur 457 · OL. cxviii, 2] déméthios a ATrtÈNES · texte numérisé non relu

OL. cxviii, 2] déméthios a ATrtÈNES

monta à la tribune. La ville est délivrée, dit-il en substance; il s'efforcera aussi de rétablir sa puissance d'autrefois ; avant tout, il faut qu'Athènes redevienne une puissance maritime ; il obtiendra de son père qu'il fournisse aux Athéniens du bois pour la construction de cent trirèmes, et qu'il leur restitue l'Ile d'Imbros ; ils n'ont pour cela qu'à envoyer des ambassadeurs à Antigone ; ils recevront aussi en don 180,000 boisseaux de blé ; quant aux poursuites judiciaires à exercer contre ceux qui ont prêté les mains à l'abolition de la démocratie, elles sont laissées à leur bon plaisir '.

Toute l'activité de la démocratie nouvelle se tourna alors en procès aux partisans de l'oligarchie et en décrets à l'honneur de Démétrios et de son père Antigone. Des actions

judiciaires (etçaYY^'^^^O furent introduites contre Démétrios de Phalère , contre ses amis Dinarque l'orateur et Ménandrc le poète comique, et contre beaucoup d'autres qui étaient attachés à la précédente constitution. La plupart d'entre eux étaient en fuite ; ils furent condamnés à mort ; les statues du Phalérien furent renversées et fondues; Ménandre et les autres qui étaient restés à Athènes furent acquittés'. Puis on songea à témoigner de la reconnaissance pour les bienfaits du libérateur de la ville ; les marques d'honneur décrétées par le libre démos d'Athènes furent poussées jusqu'à l'absurdité,

*) Plut., Demelr. 10. Diodor., XX, 46. Il existe deux fragments d'inscription que Ranoabé (434-435) réunit et que Kôhler {Hermès, V, p. 350. C. I. Attic, II, n° 238 et 239) sépare au contraire Tun de lautre. D'après KuHLER, le n» 239 contenait une décision donnant commission au Milésien Aristodémos d'aller trouver Antigone; le n" 238, un décret rendu après son retour et confirmant toutes les propositions rapportées par lui. Le n" 238 est de la cinquième prytanie, c'est-à-dire de décembre 307 ; c'est de la sixième prytanie qu'est daté le décret rendu sur la proposition de Stratoclès en faveur des descendants de l'orateur Lycurgue, qui s'est employé constamment dans l'intérêt de la liberté maintenant restaurée et de la splendeur d'Athènes. Ce document figure en entier dans la Vie des X Orateurs, et en partiç dans le C. I. Attic, II, n«240.

') Dion. Hal., De Dinarch. 3 (d'après Philochore). Dioo. Laert., V, 79. Plut., Vil, X Oral, (Dinarch.). Cicéron {De Finib. V, iO) dit bien \ Dcmetrius cum patria pulsus esset injuria, et Strabon (XI, p. 398) ainsi qu'Éiien (Var, Hisl. III, 17) s'expriment dans le môme sens ; mais leur opinion tient à une prédilection, plus littéraire que politique, pour Démétrios. Le droit formel tout au moins n'était pas lésé par la sentence de bannissement.

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jusqu'au dégoût; les démagogues se dispulaient Thonnour de trouver du nouveau et encore du nouveau, dans Tespérance d attirer sur eux l'attention du jeune prince et de gagner sa faveur. Celui qui se signala entre tous fut le vieux Slratoclès, dont Tinfluence, à partir de ce moment, devînt prédominante. Sur sa proposition, le peuple décréta l'érection de quadriges d'or, avec les statues des « sauveurs » Démétrios et Antigone, à côté des statues d'Harmodios et Aristogiton ; le même décret faisait hommage aux deux princes de couronnes d'or d'une valeur de 200 talents, leur consacrait un autel sous le nom de « Sauveurs », ordonnait la nomination annuelle d'un prêtre pour leur culte', la création de deux nouvelles tribus portant les noms d'Antigonide etdeDémétriade', rétablissement de concours annuels et de processions avec sacrifices en leur honneur, l'introduction de leurs images dans le tissu du péplos y le vêtement consacré à Athêna; des ambassades

*) Plutapque (Demelr, 10) dit d^une façon tout à fait positive que Tannée fut datée par le nom de ces prêtres, comme jusque-là par le nom .des archontes. Comme Denys d'Halicamasse {De Dimirch. 9), dans son catalogue des archontes, ne donne pas les éponymes des années suivantes pour des prêtres des « Sotères », j'essayai jadis {Rfiein. Mm, 1843), « tout en luttant contre l'autorité de Plutarque », de chercher si Ton ne pourrait pas, au moyen d'expédients, conserver la partie tout à fait positive de ^on témoignage. Les nombreuses inscriptions, datant des années suivantes, qui ont été trouvées depuis prouvent que l'assertion de Plutarque est insoutenable. Plutarque ne l'a certainement pas puisée dans une source ancienne, car Douris lui-même, qu'il suit dans le passage en question, n'a pas pu dire une chose aussi absurde. KmcHuorr (UermeSf II, p. 161) paraît avoir trouvé le véritable joint en supposant que Plutarque, superficiel comme toujours, a pris les éponymes des deux nouvelles tribus et leurs prêtres pour des archontes éponymes.

') C'est pour cette raison que leurs statues figuraient à Delphes parmi celles des éponymes (Palsan., X, 10, 1). Le nombre des conseillers fut porté de 500 à 600; les deux nouvelles tribus prirent rang en tête de la liste (C. L Attic, II, n" 335). Il va de soi que les nouvelles tribus ne comptèrent pas encore pour 01. CXVIII, 2, archontat d'Anaxicrate ; le fait est d'ailleurs attesté par une inscription (C. I. Attic, II, n« 238): elles commencèrent à compter avec 01. CXVIII, 3, archontat de Corœbos (C. I. Attic, n« 246). Du reste, le libellé jusque-là si incommode de la date des documents officiels gagna en clarté au nouveau système, qui faisait coïncider à peu de chose près les quantièmes des mois et des prytanies dans l'année ordinaire, et, dans les années embolismiques, attribuait du moins à toutes les prytanies une durée uniforme de 32 jours.

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