OL. cxviii, 2] déchets honorifiques
devaient se rendre auprès d'Antigonc et de Démétrios, sous le nom et avec tout Tappareil des « théories >» sacrées. D autres proposèrent de consacrer à Démétrios, à l'endroit où, descendant de son char, il avait mis pour la première fois le pied sur le sol d'Athènes, un autel sous le nom du « Descendant (KaaiSarr^^) », qui était d'habitude réservé à Zeus ; de recevoir' Démétrios, quand il viendrait à Athènes, avec la même solennité que Dionysos et Démêler ; d'allouer des sommes d'argent prises dans le Trésor public à quiconque se distinguerait dans cette réception par sa magnificence ou d'ingénieuses inventions, afin qu'il put consacrer un ex-voto avec ces fonds ; le mois de Munychion prit désormais le nom de Démétrion, le dernier jour de chaque mois celui de Démétrios, la fêle des Dionvsies celui de Démétries*. Puis, comme on allait consacrer des boucliers dans le temple de Delphes, Dromoclide de Sphettos proposa à l'assemblée du peuple le décret suivant : « A la bonne Fortune : le peuple décrète « qu'un homme sera choisi par le peuple parmi les Atjiéniens, « pour aller chez le Sauveur, et, après avoir obtenu des en- « trailles favorables des victimes, pour demander au Sauveur « quelle est la manière la plus sainte, la plus belle et la plus « rapide d'envoyer les ex-volos ; le peuple agira ensuite « comme il lui aura été prescrit^ ». Enfin le peuple ne salua pas seulement Démétrios comme un dieu, mais il l'appela, lui et son père, du nom le plus auguste qu'on put trouver, celui de roi \ C'est dans ce mot que se résumaient les grands résul-
*) Plut., Demelr, 13. Ce qui est étrange, c'est qu'on ail précisément donné le nom de Démétrios au mois de Munychion, comme si ce mois avait dû son nom à la forteresse détruite par Démétrios.
2) Plut,, Demelr, 10, et les passages cités par GnAuenT (p. 297). Plut., De Fort, Alex, p. 348 a. Schol. Plnd., Nem. III, 2. Phot., Lex. s. v. napaXo;. Le nom de Démétnos donné à un jour du calendrier était mentionné par Poléraon dans un écrit sur les éponymes des tribus (/»•. 3). Har- POCRAT., 8. V. evr, xa\ v£a. Cf. Schol. Aristoph., Nub, iii5.
3) Grauert dit que l'on se demande si le fait n'a pas eu lieu après la bataille de Cypre. Plutarque le place assez clairement avant, « En outre, il n'y avait plus un seul descendant d'Alexandre en vie; le trône de Macédoine était vacant; ils aimaient mieux donner à Démétrios qu'à Cassandre le litre de roi, et ils ne l'appelaient pas leur roi, attendu qu'ils étaient libres ». Déjà, dans le décret relatif à la mission d'Aristodémos (C. 1. Attic, II, n* 238), en décembre 307, on trouve l'expression paffiJXéa 'AvtiyoCvov.
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tats politiques du temps, un mot que ni Antigone, ni ses adversaires, malgré leur désir le plus vif, n'avaient jamais osé prononcer. Si le peuple athénien se permettait de traduire ainsi sa reconnaissance, cela avait une importance grande ou minime, selon qu'on voudra y voir un acte de servilisme libéral ou une déclaration émanant du centre de la civilisation htîllénique et Tcxpression de Topinion publique.
Il paraît que Démétrios, à Athènes, entouré de ce peuple si spirituel et si inventif dans Tart de la flatterie, au milieu des festins, des hommes d'esprit et des courtisanes, oubliait la délivrance des autres villes grecques; il semble être resté, des mois durant, inactif à Athènes ; sa figure, ses discours et ses actes d*homme aimable et à la mode durent enchanter de plus en plus les Athéniens. Lorsqu'enfin il épousa la belle Eurydice, la veuve d'Ophélas de Cyrène, qui s'était retirée à Athènes, les témoignages d'une joie enthousiaste ne connurent plus de bornes : on vit le comble de la gracieuseté, de l'honneur et de la félicité, dans ce fait que le héros avait uni ses destinées à celles d'une fille de la race héroïque de Miltiade, confondant ainsi le glorieux passé d'Athènes avec la puissance terrestre la plus auguste du présent*.
Peut-être comptait-il poursuivre au printemps la délivrance de la Grèce ; peut-être sou apparente inactivité à Athènes était-elle occupée à la préparer, à nouer des relations au dehors, et à ouvrir çà et là des négociations. Sur un point tout au moins, et un point des plus importants, nous voyons des traces manifestes de son action. Il importait beaucoup à Cassandre de s'assurer de TÉpire, sur laquelle sa lourde main pesait depuis 317. Le mouvement qui éclata dans ce pays en 313, au moment où la puissance d'Antigone semblait s'affirmer avec succès dans THellade et où le roi .Eacidc revint dans le pays, montrait assez quel danger menaçait la Macédoine de ce côté ; si Cassandre laissait pour roi aux Épirotes le dur et despotique Alcétas, frère aîné d'^acide, il ne le faisait que pour rester d'autant plus sur de ce pays. Les Épirotes ne sen-
0 Plut., Demelr, 14. Le mariage de Démétrios avec Phila n*en subsista pas moins.