‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 277 sur 457 · OL. cxviu, 2] rappel de démétrios · texte numérisé non relu

OL. cxviu, 2] rappel de démétrios

tirent que trop tôt le poids de ce régime oppresseur soumis à rinfluence macédonienne, poids d'autant plus écrasant que les succès de Gassandre en Grèce et ses traités avec TÉgypte semblaient faire évanouir toute espérance d'un changement dans l'ordre actuel des choses. Ge changement arriva pourtant, et plus vite qu'on n'eût pu s'y attendre, par l'expédition de Démétrios dans l'Hellade et la délivrance d'Athènes qui en fut le résultat ; l'irritation générale dans l'Épire trouva certainement assez vite les voies et moyens d'opérer la révolution désirée ; en une seule nuit, le roi Alcétas fut assassiné avec ses enfants *, et le prince Illyrien Glaucias s'empressa de ramener dans son héritage le fils d'^acide,Je jeune Pyrrhos, alors âgé de douze ans ^ Gette révolution faisait des Épirotes et des Illyriens de Glaucias les alliés naturels de Démétrios, et le danger dont Démétrios menaçait la puissance macédonienne, aussi bien du côté de la Grèce que du côté de la mer, empêcha Gassandre de s'opposer par la force à ce qui venait de se passer sur sa frontière occidentale.

Certainement, ces succès des Épirotes avaient réconforté tous ceux qui en 312 avaient dû courber la tête avec l'Épire, comme ApoUonîe, ou qui s'étaient maintenus avec peine, comme Leucade et Gorcyre. Pour sa campagne prochaine contre Gassandre^ Démétrios pouvait compter sur eux, mais avant tout sur la vieille haine des Étoliens contre la Macédoine ; avec son armée de terre ainsi augmentée et la supériorité de ses forces maritimes, il pouvait se regarder comme certain du succès.

Mais voilà que l'ambassade envoyée à Antigone revint avec un ordre de ce dernier pour Démétrios ; il devait quitter sur-lechamp la Grèce pour prendre la direction de la guerre contre Ptolémée, qui venait d'éclater dans les eaux orientales ; il lui était recommandé d'assembler un synédrion des États grecs alliés, de lui confier le soin de délibérer sur les affaires générales, et de se montrer aussitôt que possible dans les eaux de Gypre. Habitué à obéir sans hésitation aux ordres de son père.

^) Pausan., I. il, 5.

*) Plut., Pyrrh. 3. La date résulte de l'âge que l'on donne alors à Pyrrhos, douze ans.

420 hk GUERRK CONTRE PTOLÉMBE [III, 3

Démélrios se vit forcé de quitter subitement cette existence si douce et si vertigineuse qu'il menait à Athènes, et cela, sans avoir rien fait qui répondît à la force de son armée; le cœur rempli de nouvelles et héroïques pensées, il courut vers cet Orient où de nouveaux combats et de nouveaux dangers devaient occuper plus dignement son esprit inquiet et passionné. Seules Athènes et Mégare étaient délivrées : Démétrios aurait volontiers exécuté à la hâte telle ou telle entreprise qui lui était chère, mais le temps pressait; il députa vers Cléonidas, le stratège égyptien qui commandait à Corinthe et à Sicyonc, lui promettant des sommes considérables s'il voulait renoncer à ces villes et leur accorder la liberté. Ses offres furent repoussées, et Démétrios s'empressa, sans doute au commencement de l'année 306 *, de quitter Athènes et la Grèce et de faire voile vers rOricnt, accompagné par trente trirèmes attiques sous le commandement de Médios*.

D'après nos sources, nous ne pouvons nous faire une idée claire de cette évolution soudaine, qui non seulement interrompait l'œuvre de la libération de la Grèce, mais mettait fin aune fiction sauvegardée jusque-là, à l'état de paix subsistant encore en vertu des traités de 311. Nous allons voir que c'est vers ce temps que Séleucos entreprit sa grande expédition dans l'Inde; par conséquent, le plus fort des alliés de l'Egypte ne pouvait en ce moment s'opposer à un coup rapide et hardi. Antigone ne vit-il pas peut-être une menace de guerre dans le fait que le Lagide rassemblait à Cypre de grandes forces de terre et de mer, et que, comme on le disait, toute la flotte égyptienne y serait réunie au printemps? ou bien le sort qui venait de frapper le ix)i de Paphos fut-il l'occasion de réclamations qui pouvaient facilement devenir un casus bellil II est hors de doute qu'Antigone avait toutes sortes de raisons de chercher maintenant une solution rapide ; ce n'était pas une faute, mais une évolution hardie et énergique, que d'interrompre pour le moment

') C'était d*abord une simple conjecture que j'avais faite; depuis, l*hypothèse se trouve confirmée par un décret honorifique (C. 1. Attic, II, n® 238), daté de la cinquième prylanie (décembre), confirmée en ce sens que Ton est maintenant ïiiiQ sur le retour de l'ambassade envoyée à Antigone.

*) Diodore (XX, 50) appelle Médios navarque au lieu de stratège.

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