OL. cxvui, 2] démétrios a cypre
l'œuvre do la délivrance de la Grèce pour prévenir une attaque du Lagide contre TAsie-Mineure; si Ton réussissait à le frapper d'un coup semblable à celui qui avait réussi contre Cassandre à Athènes, la coalition avait perdu laparlie.
Conformément aux ordres de son père, Démétrios commença par gagner avec sa flotte la Carie : il invita les Rhodiens à s'unir à lui pour la lutte contre l'Egypte, mais ils s'y refusèrent; ils demandaient qu'on leur permît de vivre en paix avec tout le monde; ils préféraient rester neutres et s'occuper paisiblement de leurs propres affaires. Démétrios n'avait pas en ce moment le loisir d'entreprendre quelque chose contre eux, mais il espérait trouver bientôt^une occasion de demander compte de ce refus au superbe État marchand. Il longea avec sa flotte la côte dans la direction de la Cilicie ; là il attira à lui de nouveaux navires et de nouveaux soldats. A la tête d'une escadre considérablement renforcée*, ayant à bord environ 15,000 hommes d'infanterie et 400 cavaliers, muni des navires de transport et des provisions nécessaires pour une longue campagne, Démétrios prit de nouveau la mer pour se rendre à Cypre, peut-être en février. Il ne trouva nulle part de flotte ég)rptienne qui pût lui faire obstacle, et aborda à la côte nordest de l'ile, sur la plage de Carpasia; les vaisseaux furent tirés sur le rivage ; on éleva des retranchements défendus par de profonds fossés, et, de ce camp retranché, on entreprit des incursions dans les territoires voisins : Carpasia et Ourania *, les villes les plus proches, furent prises et occupées. Ensuite Démétrios commença l'attaque de Salamine, la ville la plus rapprochée sur le rivage méridional de l'île et en même temps la plus importante de toutes. On laissa une partie des navires
*) Diodore (XX, 47) dit qu'il avait avec] lui 110 vaisseaux de guerre (Ta-/vvauTou<ia; tpn^pci;, ce qui comprend aussi les grands navires), 53 vaisseaux de transport pour les troupes (twv papyxépwv <rrpaTiwTi'6wv). Les indications données à propos d'événements postérieurs ne s'accordent pas avec ces chiffres, mais cela ne veut pas dire cependant qu'ils soient inexacts.
*) Il n'est question nulle part ailleurs delà ville d'Ourania; cependant, Enoel (Kypros, I, p. 87) signale les ruines qu'on a trouvées dans les environs de Carpasia, mais sur l'autre côté de la langue de terre, ruines dont l'emplacement concorderait très bien avec les expressions de Diodore (XX, 47, 2).