‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 279 sur 457 · LA GUERRE A CYPRE [III · texte numérisé non relu

LA GUERRE A CYPRE [III

à la mer pour protéger les côles; Démélrios en personne, avec toute Tarmée do terre, franchit les montagnes et marcha sur Salamine. Là se trouvait, comme stratège de Tîle, Ménélaos, le frère de Ptolémée ; il avait déjà concentré auprès de lui toutes les garnisons des villes cypriotes et tout ce qu'il avait pu recruter de troupes; il laissa Tennemi s'approcher jusqu'à la distance d'un mille et l'attendit avec 12,000 hommes d'infanterie et 800 cavaliers. Le combat s'engagea; les troupes égyptiennes furent repoussées et s'enfuirent vers la ville ; l'ennemi les poursuivit ; près de trois mille hommes furent faits prisonniers, mille étaient tombés sur le champ de bataille ; c'est à peine si la ville elle-même put tenir : Démétrios avait remporté la victoire la plus décisive. Il voulut employer les prisonniers à renforcer son armée ; mais les pauvres gens avaient laissé en Egypte tout ce qu'ils possédaient, et ils désertèrent en grand nombre, de sorte que Démétrios se vit forcé d'embarquer les autres et de les envoyer à Anligone en Syrie.

Cependant Ménélaos, à Salamine, st3 préparait du mieux qu'il pouvait à repousser l'attaque à laquelle il devait s'attendre ; les créneaux et les tours des murailles furent munis de machines et de traits ; on y plaça des postes nombreux et le service de garde fut réglé avec soin, comme l'exigeait la proximité de l'ennemi ; des courriers furent envoyés à Alexandrie pour demander un prompt secours ; 60 vaisseaux étaient dans le port, de sorte qu'il était impossible à l'ennemi d'entrer et d'attaquer par mer. De son côté, Démétrios s'était convaincu qu'il fallait que la ville fût prise avant l'arrivée des secours d'Egypte ; il voyait qu'elle était difficile à prendre, car elle possédait un nombre tout à fait suffisant de défenseurs, des ouvrages excellents et de bonnes machines ; il ne pouvait ni s'attarder à un long blocus ni espérer prendre la ville par la force des armes, à moins qu'il ne fît appel à des moyens nouveaux et extraordinaires. Pour la première fois, le jeune général eut l'occasion de montrer son talent merveilleux dans l'invention et la construction de machines de siège, et cette habileté dans la guerre de sièges qui devait lui mériter le surnom de « conquérant des villes », de Poliorcète, nom que

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