‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 280 sur 457 · OL. cxYni, 2] siège de salamine · texte numérisé non relu

OL. cxYni, 2] siège de salamine

rhistoire lui donne à partir de ce jour ; le nouveau, le surprenant, le grandiose, caractérise sa manière de faire, dans ce genre de création comme ailleurs. U se hâta de faire venir d'Asie des ouvriers, du métal, des bois de construction, tout ce qui est nécessaire pour ce genre de travaux ; on construisit des machines de toute nature et d une grandeur extraordinaire, des tortues, des béliers, des catapultes et des balistes à grande portée. Mais ce qui surpassait tout, c'était une machine appelée « Hélépole » (preneuse de villes), une construction gigantesque, qui réunissait en un espace relativement petit la force de nombreuses batteries et dont l'efficacité était d'autant plus redoutable ; large de 7o pieds de chaque côté, haute de 150 pieds, cette machine, en forme de tour, était portée par quatre roues massives ou rouleaux de près de 14 pieds de diamètre : le tout était partagé en neuf étages; dans l'étage inférieur étaient dressées toutes sortes de machines de trait, dont les plus grandes lançaient des pierres d*un quintal et demi; dans les étages moyens étaient les plus grandes catapultes, qui lançaient leurs projectiles horizontalement ; dans les étages supérieurs fonctionnaient de petites machines et catapultes en grand nombre ; plus de 200 hommes étaient chargés de les servir : enfin, à cette tour de batteries étaient associés pour une action commune deux énormes béliers, qui étaient montés des deux côtés de la tour et abrités par des tortues de dimensions conformes. On avança ces machines vers le rempart et on les mit en action ; bientôt les créneaux furent nettoyés de leurs défenseurs par une grêle de projectiles, et les béliers ébranlèrent les épaisses murailles. Les assiégés firent travailler de leur côté des machines de toute espèce, dont le jeu ne fut ni moins actif ni moins heureux. Cette lutte dura plusieurs jours ; des deux côtés, pendant ce rude travail, un grand nombre d'hommes furent blessés et tués. Enfin, les assiégeants réussirent à ouvrir une brèche avec leurs béliers ; ils essayèrent d'y pénétrer en donnant l'assaut : une terrible lutte s'engagea sur les ruines des murailles, et les assiégés combattirent avec le plus grand courage : la nuit força Démétrios à donner le signal de la retraite. Ménélaos comprenait bien que le retour du jour ramènerait

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