‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 281 sur 457 · SIÈGE DE SALAMINE [III · texte numérisé non relu

SIÈGE DE SALAMINE [III

le combat et qu'il était en grand danger do ne pouvoir se maintenir dans la ville ; le temps était d'ailleurs trop court pour combler la brèche ou élever par derrière des ouvrages nouveaux ; il espéra qu'un coup d'audace pourrait sauver la ville. Il fit donc réunir, sous le couvert de la nuit, le plus possible de bois sec ; on le jeta à minuit contre les machines ennemies, en même temps qu'on y lançait du haut des murailles d'innombrables flèches enflammées et des torches allumées; le feu prit aussitôt et commença à atteindre les grandes machines; les assiégeants accoururent en vain pour les éteindre; déjà les flammes montaient le long de la tour : tout secours fut impossible et tout fut réduit en cendres ; beaucoup de ceux qui étaient dans la tour et. dans les autres machines périrent; rimmense travail qu'avait coûté la construction de ces machines avait donc été fait en vain*.

Démétrios n'eu poursuivit qu'avec plus d'ardeur le siège de la ville et l'investit étroitement par terre et par mer ; il croyait avoir assez de soldats, même si Ptolémée arrivait dans le dessein de la délivrer, pour le recevoir et le repousser. En efl^et, à la nouvelle de la bataille de Salamine, Ptolémée s'était mis en route aussitôt avec de grandes forces de terre et de mer ; il avait abordé près de Paphos, sur le côté sud-ouest de l'île, et il y avait réuni tous les vaisseaux des villes qui étaient encore libres : puis il mit à la voile pour Cition, à cinq milles au

*) Dans ce récit, fait d'après Diodore (XX, 48), il y a bien des détails qui étonnent. Comment les assiégés avaient-ils pu, sans être ni vu ni empêchés, apporter leur bois sec dans le voisinage des machines ? Si la chose était possible, comment ne s'en étaient-ils pas avisés plus tôt ? Est-ce que peut-être ils seraient sortis par la brèche ? les machines n*étaient donc pas gardées du tout ? Assurément, si nous avions des renseignements plus précis, nous n^en serions pas réduits à supposer chez Démétrios autant d'imprudence qu'on en voit dans le récit ci-dessus. Il est tout aussi difficile d^imaginer que la tour ait rendu des services en proportion avec l'énorme dépense de temps et d'argent qu''avait coûté sa construction. Si je ne] me trompe, elle était bien destinée, comme on le dit, à jouer le rôle de batterie contre les postes installés sur la muraille et contre l'intérieur de la ville; cependant, on dirait que Ménélaos commence seulement après l'ouverture de la brèche à redouter les projectiles de la tour, peut-être parce que la défense de la brèche devenait pour lui infiniment plus difficile sous un tir rapide, et qu'il lui était impossible de tenir dans le rayon battu par Tartillerie.

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