APPRÊTS DE LA BATAILLE [III
(lu port, à un peu plus d'uno portée de trait, et y passa la nuit, en partie pour empêcher la sortie des 60 navires de Salamine, en partie pour attendre l'arrivée de Ptolémée et pour être prêt à lui livrer bataille.
Le lendemain matin, on vit toute la flotte de Ptolémée arriver du sud-ouest; elle paraissait d'autant plus puissante qu'elle était suivie des bâtiments de transport; d'ailleurs, la flotte de Ptolémée passait toujours pour la mieux exercée et la meilleure qui fût au monde; jamais encore personne n'avait osé Tafl'ronter en bataille rangée, et ce n'est pas précisément avec confiance que la flotte de Démétrios s'engageait dans cette aventure. Mais Démétrios n'en montrait; que plus de joyeuse impatience. Avant tout, il s'agissait d'empêcher qu'on ne fût menacé pendant le combat par les 60 navires du port; pour ne pas aflaiblir plus que de raison ses forces, il ordonna h son navarque Antisthène d'occuper avec dix vaisseaux à cinq rangs l'ouverture du port, et de conserver à tout prix cette position afin d'empêcher toute sortie. 11 rangea en même temps toute sa cavalerie sur le rivage, dans la direction du sud-ouest, afin qu'elle pût sauver les navires qui, dans le cours de la bataille, seraient poussés vers la plage ou les hommes qui seraient forcés de se sauver à la nage, et détruire les ennemis s'ils tentaient d'en faire autant. Ensuite il s'avança en ligne de bataille au-devant de l'ennemi : à l'aile gauche, sept vaisseaux phéniciens à sept rangs et les trente vaisseaux à quatre rangs venus d'Athènes sous le commandement de Médios ; à côté d'eux, dix navires à six rangs et dix à cinq rangs, de sorte que cette aile, dans laquelle il se trouvait lui-même, était particulièrement forte ; le centre de la ligne était formé des vaisseaux de moindre bord, commandés par Thémison de Samos et Marsyas de Pella*; à l'aile droite, vers la côte, se tenaient les autres vaisseaux, commandés par Hégésippos d'Halicamasse et Plistias de Cos, le pilote en chef de la flotte. C'est dans cet ordre que la flotte de Démétrios, forte de 108 voiles, s'avança au-devant de l'ennemi.
') C'est l'historien Marsyas, fils de Périandre (SriDAS, s. v.), frère ut<^rin (rAnti^one.