OL. cxvin, 2J bataille navale près salamlxe
Ptolémée, de son côté, était parti avec ses vaisseaux dans Tobscurité de la nuit, pour gagner l'entrée du port avant que Tennemi ne fût en position de Tempêcher; mais, voyant au lever du soleil la flotte ennemie rangée en bataille et prête à combattre, il se hâta de ranger son escadre en ordre de combat: les bâtiments de transport furent laissés derrière la ligne, à une distance considérable ; les vaisseaux de combat — il en avait 140 à opposer aux 108 de Tennemi, mais point de navires à six et sept rangs comme Démétrios en avait — furent disposés de manière que les plus grosses embarcations fussent réunies sur Taile gauche, vers le rivage, où Ptolémée commandait lui-même; c'est sur ce point qu'il fallait que la ligne ennemie fût rompue, d'abord afin de la couper de la terre, ensuite afin de gagner plus facilement le port de Salamine, tandis que Démétrios avait le dessein d'attaquer la ligne ennemie à l'aile droile, sa partie la plus faible, et de la jeter tout entière à la côte, afin que, une fois la victoire décidée sur mer, les ennemis acculés au rivage tombassent entre les mains de ses cavaliers. '
Lorsque les deux escadres eurent été ainsi disposées, la prière fut dite, selon l'usage, par le bosseman de chaque vaisseau et répétée à haute voix par l'équipage; ensuite les rames se mirent en mouvement des deux côtés : les deux généraux, debout sur le tillac, regardaient avec une inquiétude sécrète s'engager ce combat, l'un, soucieux à cause de l'énorme effectif de V Armada de son adversaire, l'autre, à cause des bâtiments gigantesques de son rival ; ce qui était en jeu, c'était non seulement rhonneur de la journée, mais encore la possession de Cypre, de la Syrie, et les destinées ultérieures de l'empire d'Alexandre. Démétrios, arrivé à mille pas de l'aile droite des ennemis, arbore le bouclier d'or, signal de la bataille; la flotte égyptienne, en face, en fait autant; bientôt la courte distance qui sépare les deux lignes n'existe plus. Les trompettes sonnent sur tous les ponts ; les troupes poussent le cri de combat ; les flots se soulèvent en écumant autour des vaisseaux les plus vigoureusement lancés, dont les éperons de fer doivent percer tout à l'heure les coques ennemies; déjà une pluie do flèches et de pierres s'abat; déjà les javelots, bien dirigés.