BATAILLE NAVALE PRÈS SALAMLNE [III
sifflent innombrables à travers les airs et blessent des deux côtés les combattants. Alors les navires se ruent l'un contre l'autre pour Tabordage; les soldats, à genoux le long du bord, tiennent leurs lances en arrêt; les bossemans marquent à grands coups de sifflet la mesure des rames, et les rameurs travaillent avec des efi'orls surhumains. Puis se produit de navire à navire un choc efi'royable; les bancs des rameurs volent en éclats; la coque ne peut plus servir ni à la fuite ni à Tattaque, et les soldats se défendent, comme ils peuvent, sur les planches immobiles. Là des navires conduits avec une adresse égale se rencontrent par la proue et s'immobilisent réciproquement en s'enferrant avec leurs éperons; les rameurs travaillent à rebours pour se dégager et essayer un nouveau choc, tandis que les combattants, ayant l'ennemi tout près, lancent sûrement leurs javelots à coups répétés. D'autres, prenant l'ennemi de flanc, enfoncent leur éperon avec d'horribles craquements dans le ventre de l'adversaire, qui s'efforce en vain de se dégager: on cherche à gagner le bord de l'ennemi ; des petits navires on grimpe le long des navires plus élevés; les lances des épibates rejettent dans la mer les assaillants blessés; là où le bord est de hauteur égale, on saute sur le pont de l'ennemi ; ceux qui ont fait un bojid trop hardi sont jetés à la mer; on combat sur d'étroits espaces : à la mer ceux qui se battent sans vaincre ! Le fracas de cette lutte sauvage domine le bruit des vagues; ce n'est pas la bravoure, c'est la témérité et le hasard qui donnent le succès; la mort, qu'on voit en face, redouble la fureur; il faut vaincre ou périr; la mer agitée engloutit d'innombrables victimes. En tête de tous les autres combat glorieusement le jeune héros Démétrios; debout sur l'arrière de son heptère, qui est toujours la première au combat, il se précipite sans cesse sur de nouveaux adversaires; il est infatigable à lancer le javelot, à repousser ceux qui grimpent à son bord; d'innombrables traits sont dirigés sur lui, il les reçoit sur son bouclier ou les évite par d'adroits mouvements du corps; déjà les trois écuyers qui combattent auprès de lui sont tombés ; avec une audace triomphante et suivi des autres navires, il met en déroute les rangs de l'aile droite ennemie. Celle-ci est enfin détruite, et il s'élance