OL. cxYiii, 2] victoire de oémétrios
sur le centre : bientôt tout est en désordre, tout fuit avec une rapidité vertigineuse.
Pendant ce temps, Ptolémée n'a pas combattu avec moins de succès contre Taile droite de Démétrios; avec les plus gros et les mieux montés de ses vaisseaux, il a repoussé l'ennemi, pris et coulé plusieurs navires ; il s'apprête à anéantir les escadres qui restent à Démétrios : c'est alors qu'il voit son aile droite et son centre complètement battus, dispersés, fuyant, tout perdu. 11 court alors sauver ce qui peut encore être sauvé ; il parvient à grand'peine à s'ouvrir un passage, et c'est avec huit vaisseaux seulement qu'il parvient à gagner Cition. Démétrios donne à Néon et à Bourichos l'ordre de poursuivre l'ennemi et de sauver ceux qui nagent encore çà et là sur la mer ; lui-même, avec ses escadres parées des ornements des vaisseaux ennemis et traînant après elles les navires pris, rentre en triomphe à sa station près du camp.
Pendant la bataille, Ménélaos, à Salamine, avait fait sortir sous le navarque Ménœtios ses 60 vaisseaux bien équipés ; ils avaient engagé la lutte avec les 10 vaisseaux qui gardaient l'entrée, les avaient battus après une vigoureuse résistance et forcés à se retirer vers le camp, puis s'étaient dirigés en toute hâte au sud-ouest pour décider la victoire par leur arrivée. Ils arrivaient trop tard; tout était perdu déjà: ils se hâtèrent donc do regagner le port*.
*) DiODOR., XX, 50-51. Plut., Demelr» 16. II y a des divergences notables dans le récit que fuit de la bataille Polyœnos (IV, 7,7) : il nous montre, par exemple, Déméfcrios embusqué derrière un promontoire et guettant l'ennemi pour le surprendre. Diodore place cette bataille sous l'archontat d' Anaxicrate, qui correspond pour lui à Tan 307 ; c'est une date fausse, sans conteste. D'après VAtlhidede Philochore (1. VIII), la délivrance d'Athènes par Démétrios eut lieu peu après le début de l'archontat d'Anaxicrate, c'est-à-dire dans la seconde moitié de 307, de sorte que la guerre n'a pas pu commencer à Cypre avant 306 ; et, dès l'automne de 306, Antigone marchait déjà sur l'Egypte. Les indications des chronographes relatives à la carrière de Ptolémée, comme satrape et comme roi (voy. ci-dessous, p. 436), ne fournissent aucun point de repère assuré. L'enchaînement des faits nous donne comme époque de la guerre de Cypre le commencement de 306, jusqu'au printemps et même jusqu'en été. On pourrait croire que le lieu de la bataille se trouve indiqué dans un passage d'Athénée (V, p. 209), où il est question de la trirème sacrée d'Antigone, fj evtxYjas toÙ; IlToX6|iasov (rcpaTïjyoù; uepi Ae^xoXXav T^; K(tfa;TTi; Kuirpov, car c'est à Cypre, entre Salamine et le cap Pedalion,