OL. cxvni, 3] sttitation d'antigone
autres personnages de la scène politique se modifient aussi en même temps qu'eux, et c'est de cette époque que date cette forme nouvelle de la royauté, composée jl*éléments asiatiques et européens, telle que Tavait rêvée le grand Alexandre, telle qu'il n^avait pas réussi à la réaliser par lui-même d'une manière diirable dans l'ensemble de l'empire.
Mais il faut revenir au récit des événements qui datent du début de ces évolutions nouvelles. Nous avons à nous faire une idée de la situation d'Antigone, lui qui, au moment où il étend la main vers le diadème impérial, ne saisit, pour ainsi dire que le vide, lui qui au moment où il croit, dans son orgueilleux délire, être dorénavant seul n)i et seul maître, voit tout à coup se dresser à sa droite et à sa gauche des sosies de sa majesté. Il a cru qu'il ne tarderait pas à voir aux pieds de son trône le .satrape vaincu de l'Egypte, et voilà que Ptolémée prend lui aussi la couronne, comme si celle de « l'empire » n'était pas la seule légitime et la seule possible ; ceux qu'Antigone a cru anéantis par la chute de Ptolémée se relèvent tout à coup rois eux-mêmes et alliés de cet autre roi, tous prêts à lutter ensemble contre lui ; et ce Séleucos, qu'il a espéré écarter prochainement avec toute la puissance de l'autorité impériale, il est là, roi de l'Orient, prêt à défendre sa souveraineté avec les armées des satrapes jusqu'à l'Indus et l'Iaxarle, et à aider de son concours les autres rois, ses alliés naturels. Le vieil Antigone se voit tout à coup en face d'immenses difficultés, et il n'a pour les résoudre aucun moyen, aucun titre légal : il n'a que la force des armes, expédient dont le succès n'est rien moins qu'assuré, étant donnée la puissance supérieure de ses adversaires s'ils sont unis. Doit-il renoncer à l'unité de l'empire et reconnaître les usurpations des autres rois? Il aurait pu le faire dix ans auparavant, avec autant
que du pouvoir royal, rien n'est plus [instructif que la grande inscription publiée par Le Ba's-Waddinoton (III, n* 86), document qui comprend deux décrets du « roi » Antigone concernant le synœkisme de Lébédos et de Téos. C'est un des premiers exemples qui montrent en grand le rôle pacificateur du nouveau régime monarchique ; le despotisme éclairé met fin, par une intervention rationnelle et impitoyable, à de vieilles rivalités qui avaient fait tomber les deux villes en décadence.
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d'utilité et moins de péril; le faire maintenant ne serait pas seulement un dangereux aveu de faiblesse, ce serait l'abandon du principe en vertu duquel il s'était élevé au-dessus des autres et pour lequel il avait sacrifié des choses plus précieuses que des trésors, des armées et des années. Est-ce que, dans cette multitude de rois, de ces rois régionaux, de ces majestés locales, tout n'était pas en contradiction avec la royauté de l'empire ? Est-ce qu'ils avaient d'autres droits que de servir ce dernier et de lui obéir ? Quelle audace de se dire les successeurs d'Alexandre, ses DiadoqueSy quand ils se partageaient les lambeaux de son diadème I Et où donc était leur puissance? Ptolémée n'avait-il pas été anéanti à Cypre? Séleucos n'étaitil pas trop enfoncé dans l'Orient pour venir à temps au secours des autres ? Cassandre et Lysimaque n'étaient -ils pas séparés de l'Egypte par les pays et les mers que Démétrios dominait avec la flotte de l'empire ? Les ennemis d'Antigone devaient être écrasés comme usurpateurs du nom royal; il fallait qu'ils le fussent au plus tôt, avant de s'être réunis. Il fallait qu'avant tout Ptolémée, ce lion aux abois, fût surpris dans son repaire et terrassé avant que les éléphants de Séleucos fussent venus de l'Orient pour le ^auv^r : Ptolémée une fois abattu, que pouvaient encore la Thrace et la Macédoine? Elles succomberaient, en dépît du diadème de leurs rois, et Antigone aurait les mains libres pour préparer le même sort au dernier des usurpateurs. Il s'agissait d'attaquer Ptolémée dans son propre pays et de le réduire vite et ^complètement à l'impuissance.
Antigone était dans sa nouvelle capitale, sur l'Oronte ; les armements devaient commencer aussitôt. C'est à ce moment que mourut son second fils Philippe ' ; il ne restait plus au
*) L*expression dont se sert Diodore (XX, 73, 1): toO vecoTipou tôv ulwv ^otvixoc, indique bien qu'Antigone avait deux fils. Plus haut (XX, 19), il cite le cadet, tov vecoTepov iiXiTztzos, comme ayant été envoyé contre Phœnix, :t le stratège de l'Hellespont, qui avait fait défection. Plutarque ne connaît
S, non plus à Antigone que deux fils, ce Philippe précisément et Démétrios. 11
^^ est probable que, dans Je premier passage cité de Diodore, il y a non pas
Sf une lacune ([<l>tX(7ntou toO vtxi^aavToç tov] 4>o{vixa), mais une erreur. C'est, du
reste, à ce Philippe qu'étaient adressées les lettres d'Antigone citées par, Cicéron (0/f. II, 14), lettres dans lesquelles le père indiquait à son fils de
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