‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 295 sur 457 · OL. cxvm, 3] expédition d'égypte · texte numérisé non relu

OL. cxvm, 3] expédition d'égypte

un |)elit nombre put revenir en arrière et se âauver dans le port de Gaza ; les vaisseaux de guerre eux-mêmes ne purent tenir contre la mer; les quadrirëmes qui purent se sauver furent jetées sur Raphia, où un port de peu de profondeur et ouvert au vent du nord leur offrait peu de protection. Les meilleurs et les plus gros vaisseaux réussirent, au prix de grands efforts, à remonter jusqu'aux dunes de Casios à Touest ; le rivage sans port et Thorrible temps qu'il faisait les força à jeter l'ancre ; à deux stades du rivage, ils étaient en proie à la fureur des vagues déchaînées; le vent furieux du nor4 les rejeta, chassant sur leurs ancres, vers les brisants ; il y avait le plus grand danger que les vaisseaux ne sombrassent corps et biens; s'ils échouaient et si les équipages se sauvaient sur le rivage, ils étaient en terre ennemie et également certains de leur perte. Les matelots travaillèrent nuit et jour avec lesplus grands efforts pour maintenir les vaisseaux à flot; déjà trois quinquérèmes avaient péri sous leurs yeux ; l'eau potable commençait à manquer; épuisés et découragés, les hommes voyaient venir la mort; ils n'auraient pas pu résister un jour de plus à la soif, au froid et à l'épuisement. Tout à coup la tempête s'apaisa, le ciel s'éclaircit; ils virent l'armée des leurs s'avancer et établir son camp le long du rivage. Ils s'empressèrent de gagoer la côte et se restaurèrent; peu à peu les vaisseaux dispersés se rallièrent; après une courte relâche, la flotte, bien affaiblie, il est vrai, par ses grandes pertes, reprit la mer, et l'armée de terre fit ses trois dernières marches à travers le désert jusqu'au bras oriental du Nil ; elle établit son camp à deux stades du fleuve*.

Cependant Ptolémée, informé de l'approche des forces ennemies, avait concentré ses troupes dans le Delta : il n'avait pas dessein de s'avancer au-devant de son adversaire pour lui livrer une bataille rangée; il avait placé des postes importants

*) Dtodor., XX, 73-74, et plus brièvement dans Plutarque (Demetr. 19). Cet auteur rapporte également le songe significatif qu*eut alors Médios, un des « amis ». Il lui semblait voir Ântigone courir dans le stade la course double avec toute son armée ; au début, ils couraient très vite et d*un vif élan ; bientôt, ils étaient à bout d'haleine, épuisés, essoufflés, et.ne pouvaient plus se remettre de leur défaillance.

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sur les principaux points de la côte et du bras oriental du Nil, prêts à repousser toute tentative de débarquement ou de passage du fleuve; ce dernier, qui était très grossi, couvrait ses positions. Lorsqu'il vit Tarmée d'Antigone campée de l'autre côté du bras de Péluse, il envoya quelques-uns de ses familiers, montés sur des barques, avec ordre de longer le rivage opposé et d'annoncer que le roi Ptolémée promettait 200 drachmes à chaque soldat, et 10,000 à chaque officier qui passerait de son côté. Cet appel produisit surtout son effet sur les troupes mercenaires d'Antigone ; les désertions devinrent nombreuses ; même parmi les officiers, un bon nombre, qui n'aimaient pas le commandement d'Antigone, passèrent à Ptolémée : Antigone se vit forcé de disposer sur la rive des frondeurs, des archers et des artilleurs, pour repousser l'approche des barques ; plusieurs transfuges furent pris et punis des supplices les plus cruels, afin de détourner les autres par la terreur de semblables tentatives.

Les opérations d'Antigone devaient, comme autrefois celles de Perdiccas, avoir pour but de gagner avant tout la rive opposée, pour forcer l'ennemi à accepter là une bataille, afin d'éviter le passage à gué sous les yeux de l'ennemi, ce qui jadis avait causé la perte de Perdiccas : il appela auprès de lui les vaisseaux qui se ralliaient dans les ports de Gaza et de Raphia, et fit transporter, sous les ordres de Démétrios, un corps de troupes considérable vers ce qu'on appelait la Fausse embouchure ^ On devait débarquer en cet endroit et tomber sur l'ennemi par derrière, tandis que le roi lui-même, voyant Ptolémée ainsi occupé, traverserait le fleuve avec le reste de son armée et l'attaquerait. Les troupes de débarquement firent voile vers la Fausse embouchure, mais, au moment d'aborder, elles trouvèrent le poste installé à l'embouchure si nombreux et furent reçues si énergiquement à coups de javelots, de

*) Le nom de a fausse Bouche » (^eud6^o(iov) est donné à plusieurs issues des lagunes qui bordent le rivage. Comme la flotte, partant de la bouche désignée ici, atteint en une nuit (de 14 heures, nuit de novembre) la bouche de Damiette, où l'on ne peut arriver qu'en contournant un angle assez saillant du côté du nord, on est en droit de supposer que le 4/Eu86<rro|xov indiqué est Texutoire le plus oriental du iac Menzaleh.

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