‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 298 sur 457 · OL. cxviii, 3] rhodks · texte numérisé non relu

OL. cxviii, 3] rhodks

d'Alexandre une garnison macédonienne dans la ville; on nous dit du moins que les Rhodiens Tavaient chassée à la nouvelle de la mort duroi*. Apartirde ce jour, ils restèrent libres; leur marine considérable, les rivalités et les luttes constantes des chefs macédoniens, le régime paisible et bien ordonné établi par Taristocratie de la ville, leur permirent de développer un système de neutralité politique qui grandit à la fois leur aisance et leur influence, La ville était remplie de négociants et de capitalistes étrangers; beaucoup de personnes venaient à Rhodes pour y jouir paisiblement de leur fortune, ou bien, chassées de leur patrie, pour y trouver un exil aussi agréable que possible. Chacun des potentats cherchait à gagner pour lui les Rhodiens et les comblait de présents et de faveurs de toute sorte; gardant avec chacun d'eux des relations amicales, ils refusaient toute espèce d'alliance qui aurait pu les impliquer dans une guerre, et ce n'est que lorsqu'Antigone envaya en ^12 une flotte pouria délivrance de la Grèce qu'ils fournirent dix vaisseaux. Dans les années précédentes, Antigone, désirant faire la conquête de Tyr, avait bien fait construire à Rhodes des navires et y avait amené des équipages cariens, mais c'était là une aff^aire privée, entreprise par des armateurs rhodiens que l'État ne voulait pas frustrer de leurs bénéfices'. Un renseignement accidentel nous apprend que, dès 306, Rhodes avait conclu un traité de commerce avec Rome, dans un temps où Carlhage était paralysée par l'invasion d'Aga- Ihocle en Afrique, et où Tarente avait laissé la conquête romaine s'étendre aussi sur la Campanie '. Rhodes avait de tout

*) Ces renseignements sont empruntés à Diodore (XVllI, 8 et XX, 81), où il est dit, entre autres choses, qu'Alexandre avait déposé son] testament à Rhodes. Dans la première édition de cet ouvrage (Append, 3), j'ai essayé de démontrer que cette allégation est absurde, et j'ai conclu de ce passage, comme de cejtains autres aussi peu corrects, que Diodore ne devait pas avoir pris ce chapitre (XVllI, 8) dans Hiéronyme.

(DiODOR., XIX, 58, 5).

3) Ceci résulte du passage classique de Polybe (XXX, 5, 6 sqq.) sur la politique rhodienne : ouTto; yàp rjv «paYtiaxixbv to noX{Teu(ia tûv Toôiwv w; <r^£8ov ïxfi Terrapâxovxa «pb; toi; èxaTov xotvojvvjxu); ô 8t)|ao; PcdfjLatiotc x. t. X. Polybe traite de ces questions à propos de la deuxième ambassade rhodienne de l'an 587 U. C. (167 av. J.-C), qui arriva à Rome Oepeîa; àpxo(i^vTQ;. I 29

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temps attaché une importance extrême à son commerce avec rÉgypte, si riche en céréales; ce pays devait être pour les Rhodiens plus important encore depuis que Séleucos et Antigone étaient en guerre, à cause des marchandises de TArabie et de l'Inde, qui ne pouvaient plus passer par la côte de Syrie; elles leur arrivjiient désormais par Alexandrie, pour être expédiées en Grèce et en Occident ; les droits payés par le commerce égyptien devinrent le plus riche revenu de TEtat.

A Tépocjue où il cherchait ou prévoyait une rupture avec le Lagide, Antigone avait invité les Rhodiens à s'allier avec lui pour la lutte contre TÉgypte ; il n'oublia pas qu'ils lui avaient répondu par un vœu de neutralité. Si la guerre de Cypre et ensuite l'expédition en Egypte l'avaient absorbé tout entier, il lui parut, après la malheureuse issue de cette dernière guerre, qu'il fallait prendre des mesures pour que TÉgyptien, sous le prétexte d'une juste et indispensable défensive, n'attirât pas à lui tous ceux qui croyaient devoir se garantir contre la nouvelle royauté et ses prétentions. La neutralité de Rhodes était pour ainsi dire un commencement d'alliance avec l'Egypte, alliance qui, si elle s'accomplissait, mettait sérieusement en question la supériorité dWntigone sur mer. L'échec de sa tentative contre l'Egypte ne l'avait nullement décidé à abandonner l'idée de la reprendre d'une manière plus énergique ; du moment qu'il ne pouvait espérer un succès que du côté de la mer, Cypre et Rhodes étaient les premières étapes de sou mouvement offensif: Cypre, il la tenait; il s'agissait donc de se rendre également maître de Rhodes et de s'assurer des forces maritimes de cette lie pour le grand coup qu'allait frapper le seul pouvoir royal authentique*. Il trouva un prétexte dans ce fait que, pendant la guerre faite au nom de l'empire contre le satrape rebelle, les Rhodiens avaient continué de commercer avec ses ports, comme si c'était un droit acquis à leur pavillon neutre*.

Il envoya un stratège avec une escadre pour interdire aux Rhodiens tout commerce ultérieur avec l'Egypte, capturer tous

*) op{ir|TY)pt(i> xpi^fftffôai icpbc toÙ; AiyuTCTtoy; èXm'Çwv (Pausan,, I, 6).

') Plutarque (Dem^^r., 21) dit inexactement : 6iroXI(jLr,<T6 'Po8(ot; 1ItoX«|miîov

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