‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 300 sur 457 · OL. cxvîîî, 3] la flotte de démétbios · texte numérisé non relu

OL. cxvîîî, 3] la flotte de démétbios

Dionysios. Les riches contribuèrent volontairement de leur argent, les artisans fabriquèrent des armes et des projectiles; d*autres travaillèrent aux murs et aux tours, d'autres encore aux machines et aux vaisseaux ; les femmes elles-mêmes aidèrent à porter des pierres ou sacrifièrent leurs longues chevelures pour faire dos cordes d'arc*.

Déjà Démétrios arrivait de Loryma avec ses escadres on ordre de bataille parfait ; ses forces étaient si énormes que la puissance rhodienne semblait devoir être écrasée : en tête s'avançaient 200 vaisseaux de guerre de forte grandeur', armés chacun sur Tavant d'artillerie légère ; puis venaient 170 bâtiments de transport, remorqués par des navires à rames et montés par 40,000 soldats, y compris un nombre assez considérable de cavaliers ; enfiii les corsaires et les bateaux qui portaient les munitions et les bagages : la file ininterrompue do TArmada qui s'approchait couvrit bientôt tout le détroit, large de deux milles. Dans la ville, les gardes de jour annoncèrent son approche du h^ut des tours : tout se mit aussitôt on mouvement; les hommes montèrent armés sur les créneaux des murailles; les femmes et les vieillards, sur les toits dos maisons, regardaient avec une curiosité inquiète s'approcher les navires avec leurs ornements métalliques^ leurs voiles de toutes couleurs, et les armes des soldats brillant sous un soleil éclatant.

Cependant Démétrios aborda avec sa flotte au sud de la ville^yfit débarquer ses troupes, les fît avancer jusqu'à près d'une portée de trait des murailles et établir leur camp ; puis il envoya les corsaires par mer et de l'infanterie légère par tçrre pour dévaster les côtes et l'intérieur de l'île. Afin de se procurer du bois et de la pierre pour la fortification du camp,

■) DiODOR., XX, 84.

2) Peut-être faut-il conclure d'un passage de Th<k)phraste (De plant. V,5, 1) que son plus grand bâtiment était un vaisseau à onze rangs de rames, consl Iruit en cèdre du Liban ; au lieu qu'à la bataille de Salamine, il n'en élait encore qu'aux navires à sept rangs.

2) Il paraît bien que Démétrios ne débarqua pas à la pointe qui se trouve au nord de la ville, car on voit qu'il transforma en port la baie où il avait abordé; c'est de là seulement qu'il put faire commodément des excursions dans l'intérieur de l'île.

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on pilla les bois, les jardins et les fermes des environs ; le matériel ainsi obtenu servit à munir de palissades et d'obstacles le triple fossé qui entourait le camp. Les jours suivants, tous les marins et soldats furent occupés à niveler le terrain qui s'étendait entre la ville et le lieu de débarquement, ainsi qu'à transformer en port la baie dans laquelle on avait abordé.

Dos ambassadeurs des Rhodiens se rendirent de nouveau auprès de Démétrios, pour le prier d'épargner leur ville ; comme ils furent repoussés, ils envoyèrent en toute hâte des émissaires à Ptolémée, à Cassandre et à Lysimaque, pour les inviter à envoyer des secours à une ville qui était dans le plus grand danger pour l'amour d'eux. Ils commencèrent aussi les hostilités de leur côté : ils envoyèrent trois voiliers rapides contre l'ennemi et des bâtiments de munitions; ils réussirent par une surprise à couler bas ou à brûler quatre navires qui avaient abordé pour fourrager ou pour piller, à faire quelques prisonniers que Démétrios dut racheter en payant l ,000 drachmes par homme libre et 500 par esclave.

Cependant Démétrios commença les travaux de siège : il avait sa réputation faite ; on disait qu'aucune forteresse, quelque solide qu'elle fût, ne pouvait lui résister ; inépuisable en inventions toujours nouvelles, gigantesque dans ses plans, qui, quelque inexécutables qu'ils parussent, étaient mis en œuvre avec une rapidité et une logique étonnantes, servi par des constructeurs et des architectes, des engins et des matériaux nombreux, il avait entrepris une série de travaux de siège qui sont restés dans l'antiquité des modèles de l'art des ingénieurs militaires. Son dessein était de s'emparer premièrement du port de Rhodes, d'abord pour couper les communications de la ville avec la mer, ensuite parce que ses puissantes murailles semblaient plus faciles à attaquer du côté du port. On commença par construire deux mantelets, portés chacun par deux pontons accouplés, et destinés l'un à résister au tir horizontal des catapultes, l'autre au tir plongeant des batistes ; puis deux tours à quatre étages, qui étaient plus élevées que celles de l'enceinte du port, montées aussi sur deux pontons enchaînés l'un à l'autre et si bien construits qu'ils portaient en parfait équilibre ces hautes charpentes ; une

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