‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 302 sur 457 · OL. cxviii, 4] siège de rhodes · texte numérisé non relu

OL. cxviii, 4] siège de rhodes

sont ainsi occupés, de nouvelles chaloupes des assiégeants font force de rames vers le rempart du port et débarquent des troupes nouvelles et plus nombreuses ; ils ont à peine le temps do battre en retraite. Les autres les suivent sur les talons; des échelles sont dressées contre la brèche et les murs ; en même temps, les murailles sont assaillies du côté de la toiTe. Des deux côtés on combat longtemps avec des efforts surhumains; enfin, les Rhodiens, qui ont tous les avantages de la défensive, forcent les assiégeants à se retirer, laissant des morts nombreux, parmi lesquels des officiers du plus haut rang. Le premier et formidable assaut est repoussé; les bateaux et les machines de Démétrios, fortement éprouvés par les projectiles des ennemis, ont besoin de réparer leurs avaries et sont ramenés dans le port nouveau du sud. Les Rhodiens consacrent aux dieux leur butin et réparent les murailles endommagées.

Sept jours après, les bateaux et les machines de Démétrios sont prêts pour une nouvelle attaqué ; cette fois encore, c'est du port qu'il s*agit. Démétrios manœuvre dans le grand port et s'approche jusqu'à une portée de trait du petit port, dans lequel les vaisseaux rhodiens sont à Tabri ; il lance sur ces derniers des brandons, pendant que les catapultes jouent contre les murailles et balaient les défenseurs des tours, des créneaux et des fortifications du port ; toutes ces opérations sont menées rapidement, avçc ardeur, et produisent des effets désastreux. En peu de temps, une partie des vaisseaux rhodiens sont en proie aux flammes ; les capitaines courent pour les éteindre ; déjà les machines de l'ennemi s'approchent et l'assaut va être donné au port intérieur : alors les Prytanes proclament que le port court le plus grand danger, et invitent à s'inscrire volontairement tous ceux qui sont prêts à risquer leur vie pour sauver la ville par une tentative désespérée. Beaucoup des meilleurs citoyens se dévouent à l'envi ; on les fait monter sur trois gros navires ; ils doivent tenter une sortie pour couler les navires qui portent les machines ennemies. Sous une grêle de projectiles, ils rament avec une telle vigueur qu'ils font sauter les chaînes de la palissade flottante ; puis, sans tarder, à plusieurs reprises, au milieu du plus grand dan-

ger, ils poussent les éperons de fer dans le flanc des bâtiments qui servent de support aux machines ; ces derniers prennent eau bientôt et commencent à s'enfoncer; deux des machines coulent à fond, la troisième est ramenée en arrière. Enhardis par le succès, les Rhodiens poursuivent imprudemment et s'avancent trop loin ; entourés par une quantité de gros navires, ils succombent sous le choc irrésistible des vaisseaux ennemis, qui désemparent complètement le bâtiment placé en tète de colonne : le navarque Exécestos tombe blessé, et plusieurs autres restent avec la carcasse du navire entre les mains de l'ennemi ; les deux autres vaisseaux se sauvent *. La deuxième formidable attaque est victorieusement repoussée ; les Rhodiens ont pour quelque temps le loisir de réparer leurs ouvrages, leurs vaisseaux et leurs machines.

Démétrios se prépare pour une troisième attaque ; à la place des machines coulées, il en fait construire une nouvelle trois fois plus grande ; au moment où elle est mise à la mer pour être conduite dans le grand port, une tempête s'élève ; les embarcations qui la portent prennent eau et coulent à fond. Ce temps précieux, pendant que les vaisseaux de Démétrios ont assez à faire pour se garantir de la tempête, les Rhodiens l'emploient à faire une sortie contre le retranchement du môle : là s'engage un vif combat; Démétrios ne peut venir au secours des siens, qui sont obligés enfin de se rendre, au nombre de près de 400 survivants. C'est ainsi que Démétrios perd cette position si péniblement conquise, et avec elle l'accès du grand port et la perspective d'approcher de la ville du côté de la mer. Et en ce même moment, les Rhodiens reçoivent des renforts, 150 hommes de Cnossos, plus de 500 hommes envovés par Ptolémée, parmi lesquels plusieurs Rhodiens qui avaient servi dans l'armée égyptienne.

La perte du retranchement, lejgrand danger qu'il y avait à tenter l'assaut du côté de l'eau, et, plus encore, le commencement de l'hiver, décidèrent Démétrios à renoncer à l'attaque par mer. Il s'agissait donc de continuer le siège par terre. Plus terribles, plus gigantesques encore furent les travaux

«) DioDOR., XX, 88.

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