‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 305 sur 457 · OL. cxviii, 4] siègr dk rhodks · texte numérisé non relu

OL. cxviii, 4] siègr dk rhodks

sée de bâtiments de transport destinés à porter à Rhodes des provisions de céréales; elle gouvernait tout droit sur le port : aussitôt Démétrios envoya contre elle des vaisseaux de guerre qui essayèrent de gagner le vent, mais les Égyptiens les dépassèrent et entrèrent à pleines voiles dans le port. Il vint aussi de la part de Lysimaque et de Cassandre des envois considérables de grains qui réussirent de même à gagner le port*, et les Rhodiens, qui commençaient à souffrir de la disette, se trouvèrent tirés d'embarras pour longtemps, pourvu qu'ils réussissent à se défendre contre les machines de l'adversaire. Us résolurent de les attaquer par la flamme ; ils préparèrent une quantité de flèches incendiaires et installèrent sur les créneaux un grand nombre de catapultes et de balistes. • C'était pendant une nuit obscure et sans lune ; le camp était plongé dans le plus profond repos; près des machines se tenaient les gardes, qui ne se doutaient de rien : tout à coup, à la deuxième veille, commença une violente bordée des engins rhodiens; les flèches à feu, alternant avec les projectiles, éclairaient la campagne et les machines. On donna aussitôt Talarme; les troupes de garde accoururent pour sauver les machines ; des morceaux de tôle tombaient déjà de la tour et des toits, et les flèches de feu pleuvaient de plus en plus dru : les pierres et les projectiles exerçaient des ravages d'autant plus terribles qu'on ne les voyait pas venir; toute résistance devenait impossible; les dards à feu s'enfonçaient dans les charpentes de bois déjà mises à nu, et les flammes commençaient à lécher les ouvrages ; il était à craindre que la tour et les machines ne fussent détruites complètement. Déftiétrios accourut avec des troupes qui firent tous leurs efforts contre rincendie ; on réussit à arrêter la flamme avec Teau dont les constructions étaient approvisionnées, taudis que de nouvelles flèches enflammées renouvelaient le daûger et rendaient le travail difficile ; la trompette d'alarme appela à leur poste les hommes chargés de traîner les machines; au matin, elles

*) II est difficile de comprendre pourquoi Démétrios, avec sa flotte, qui était toujours puissante encore, ne coupait pas toute communication par mer ; Tidée devait lui en venir tout naturellement, et, pour qu'il s'en soit al»stenu, il faut qu'il ait eu une raison péremptoire.

étaient hors de portée et sauvées. Démélrios, pour se faire une idée des ressources militaires des assiégés, fit compter les traits lancés; on trouva 1,500 traits de catapultes et 800 flèches incendiaires, sans compter les autres projectiles : c'était vraiment énorme pour une seule ville.

Pendant qu'il faisait réparer ses machines à dislance et ensevelir les hommes tombés pendant cette nuit, les Rhodiens, qui voyaient bien que l'assaut allait être tenté de nouveau, bâtirent, sur le côté de la ville menacé par les machines, une troisième muraille, et creusèrent devant la brèche un profond fossé, de manière à rendre Tassant aussi difficile que possible sur ce point. En même temps, ils envoyèrent leurs meilleurs "voiliers, sous le commandement d'Amyntas, vers la côte voisine de TAsie : trois corsaires de Démétrios, les meilleurs de sa flotte, furent pris; ils capturèrent aussi plusieurs navires chargés de grains destinés au camp ennemi, ainsi que d'autres corsaires sous Tarchipirate ïimoclès, et les amenèrent la nuit dans le port, après avoir heureusement échappé aux vaisseaux de garde de l'ennemi. Cependant les machines de Démétrios étaient réparées et avancées de nouveau vers la muraille * ; un nouvel assaut fut tenté ; lartillcrie débarrassa les créneaux de leurs défenseurs, et les béliers opérèrent contre les murs : en peu de temps, le mur s'écroula des deux côtés d'une tour ; celle-ci se soutint seule, défendue avec un extrême acharnement, de sorte qu'il fallut encore une fois suspendre l'assaut. Les Rhodiens avaient subi de grandes pertes ; non-seulement leur stratège Aminias était tombé, mais aussi beaucoup de leurs soldats, dont le nombre suffisait à peine encore pour garnir convenablement les ouvrages devant les efl'orts de plus en plus acharnés du jeune roi. Ils furent donc doublement heureux lorsque Ptolémée leur envoya, outre une nouvelle quantité de vivres et de munitions de toute espèce, un corps auxiliaire de 1,500 hommes sous les ordres du Macédonien Antigonos. Les ambassadeurs des villes helléniques, présents dans le camp royal au nombre de plus de cinquante, firent de

*) La suite montre que ce n'est plus, cette fois, à Tendroit de la triple muraille: il faut donc qu'on ait aplani un autre terrain, plus en avant que le premier, et qu'on y ait transporté les machines.

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