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nouvelles tentatives d'intervention en faveur de la paix ; il y eut de nombreux pourparlers avec les Rhodiens, avec Démétrios ; mais tous ces efforts échouèrent*.
Démétrios résolut alors un nouvel assaut, décisif cette fois, à ce qu'il espérait; la brèche du dernier assaut devait lui ouvrir le passage : 1,500 hommes, les plus vigoureux de sa grosse infanterie et de Tinfanlerie légère, furent choisis et reçurent Tordre de s'approcher de la brèche à la seconde veille, dans le plus grand silence; ils étaient commandés par Mantias et par le gigantesque Alcimos d'Épire*, et devaient se jeter dans la ville après avoir massacré les sentinelles ; en même temps, toutes les autres troupes furent distribuées sur les points d'attaque, avec ordre d'être prêtes à donner l'assaut; la flotte se disposa aussi à manœuvrer contre le port. C'était au plus profond de la nuit; les l;500 hommes détachés à la brèche surprirent les sentinelles dans le fossé, les massacrèrent, franchirent en peu d'instants la brèche et pénétrèrent dans la ville ; ils se dirigèrent de côté vers le théâtre, qui, dans sa position élevée et entourée de murs considérables, devait leur servir de retranchement. Déjà leur entrée avait été remarquée; dans le premier émoi, il faillit arriver ce que Démétrios souhaitait sans doute, à savoir que les hommes postés sur les murs et sur le port accoururent tous vers le théâtre pour exterminer les envahisseurs : dans ce cas, il aurait trouvé les ouvrages dégarnis et aurait donné facilement l'assaut. Mais c'est justement ce que les Rhodiens craignaient et voulaient éviter ; on donna Tordre que personne ne quittât son poste sur les tours et les murailles ou dans le port, mais que toutes les positions fussent défendues à outrance ; seule, une troupe
*) II est clair que ces négociations, comme les précédentes, furent entamées lorsque la brèche fit prévoir à bref délai la prise de la ville. Partant de cette idée, les ambassadeurs devaient supposer que les Rhodiens étaient prêts à transiger : ce sont les auxiliaires égyptiens qui leur redonnèrent du courage.
*) Ce colosse- portait une armure d*un quintal (ÔitaXàvrci) itavoicXCa), c'est-àdire double comme poids des armures ordinaires. Sa cuirasse d'airain et celle de Démétrios, pesant Tune et Tautre 36 livres, étaient un cadeau de l'armurier cypriote Zoïlos, et d'un travail si résistant qu'elles arrêtaient un trait de catapulte lancé h la distance de vingt pas (Plpt., Demetr., 211. Il 30
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d'élite, ainsi que les Égyptiens nouvellement arrivés, furent dirigés contre les envahisseurs. Au point du jour, on entendit retentir de tous côtés au dehors les trompettes et les cris de combat ; Tassant fut donné contre le port, les tours et les murailles ; les braves du théâtre commencèrent avec courage et une confiance superbe leurs attaques; les hommes envoyés contre eux leur barrèrent leur passage avec la plus grande peine et avec des pertes considérables; le prj^ne rhodien tomba avec beaucoup d'autres ; l'angoisse était à son comble dans la ville ; les rues étaient remplies de femmes et d'enfants courant çà et là et se tordant les mains : on croyait tout perdu, la ville déjà prise. Mais la troupe des Rhodiens engagés contre le théâtre grossissait à vue d'œil ; tout ce qui pouvait porter une arme courait là pour se battre ; il s'agissait de la liberté et de la vie. Sans l'attitude ferme et les mesures réfléchies des autorités, tout eût été perdu, mais personne ne quitta son poste ; les assaillants du dehors ne gagnaient pas le moindre avantage sur aucun point, pendant que ceux du théâtre, de plus en plus pressés, fatigués enfin de la lutte, pouvaient à peine se défendre encore : Alcimos tomba, Mantias et beaucoup de braves furent pris, le plus petit nombre s'ouvrit un passage et se sauva auprès du roi dans le camp. Ce nouvel assaut avait encore échoué, et cependant la ville avait été presque prise cette fois *.
Il est peut-être vrai de dire qu'aucune ville ne peut tenir à la longue, si le siège est mené d'une manière intelligente et avec des moyens suffisants ; quoi qu'il en soit, la ville de Rhodes fit tout le possible, et si jamais une ville s'est défendue avec courage, énergie, intelligence, c'est bien elle. Elle aurait certainement fini par succomber aux tentatives renouvelées de Démétrios, quelque peu ordonnées et conséquentes qu'elles semblent avoir été ; mais ses moyens de défense et
*) Telle que la présentent nos sources (Diodor., XX, 98), cette opération de Démétrios ne laisse pas que de paraître étrange. Évidemment, le résultat eût été plus satisfaisant et même le but atteint, si toute la force de Tassaut avait été concentrée sur Tendroit de la brèche et soutenue par ceux qui avaient i>énétré dans la ville. Cependant, je crois que le récit de Diodore ne nous renseigne pas d'assez près pour nous permettre de porter ici un jugement.