‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 311 sur 457 · ATHFNES ASSIÉGÉE PAR CASSANDRE · texte numérisé non relu

ATHFNES ASSIÉGÉE PAR CASSANDRE

Timosthène de Carystos nous apprend que Cassandre était en campagne dès 306 contre Athènes et que Carystos en Eubée assistait les Athéniens * ; on peut en conclure peut-être que la flotte attique prenait part à l'action et tenait la mer contre la flotte macédonienne '. Dans tous les cas, Cassandre combattait sur terre avec succès : déjà Panacton et Phylé, les deux forteresses qui dominent les passages donnant accès en Attique par le nord, étaient en son pouvoir ; Athènes elle-même était menacée ; Démocharès faisait les plus grands efforts pour fortifier la ville, rétablir les murailles, et se procurer de Tartillerie, des munitions, des provisions de toute espèce'. Cassandre s'avança dans la plaine jusque devant la ville, qui fut investie et assiégée.

Ce qui surprend, c'est que ni Antigone ni Démétrios n'eussent rien fait jusqu'ici pour la protection d'Athènes^: 1,200 armures, que Démétrios avait envoyées à Athènes après la grande victoire de Salamine (été 306) % furent le seul et der-

lement disponibles, la question ne parait pas susceptible d*étre tranchée définitivement.

*} C. I. Attic, II, n° 249. L'inscription est de Tarchontat de Corœbos (306/5). La restitution de Kôhler : xa\ êïciaTpaTe\5[<iavToç Kaaaàvdpou el; tJyiv 'Axnxriv e6oi^0Y;<iev est garantie par le compte des lettres manquantes. Le décret en Thonneur de... ixiito; (G.I. Attic, II, no 266), qui doit appartenir à Tarchontat d'Euxénippos (305/4), contient une phrase ainsi restituée par Rangabé (n® 438) :... xa\ vOv liciarpaTeOaavrlo; sîi\Tbv] 6y)Iiov tbv 'AOY)va{(i)v Kaa(râv8p[ou èic\ douXsCa TJyjç ic6Xeb>c.

«) Grauert (AnaL p. 337) pense que c'est dans celte guerre qu'eut lieu la bataille navale d'Amorgos : c'est impossible, à cause de Glitos, qui était à Amorgos et périt en 318 (voy. ci-dessus, pp. 68. 232).

8) Le fait est attesté par un fragment d'inscription (G. L Ame, II, n» 250). Kôhler renvoie à une autre inscription qui place ces préparatifs dans l'année de Corœbos. Le décret de Lâchés en l'honneur de son père Démocharès (ap. Plut., Vit. X Oratt.) confirme ce renseignement; Démocharès y est signalé comme l'homme d'État qui dirige alors la cité. Il faut pour cela admettre, avec Westermann, une lacune dans le texte, que voici : wpi<r6euovTt xa\ YpctçovTi xoi 7coXiTeuo|iév(i> [xa\ xaXô^c xai xaOapfi>c, xa£ xanQpyaai&ivcD] otxo- ÔojaV xei^ûv xa\ tcapa^xeuV StcXodv xa\ péXwv xa\ |nrjxavTrj|iaTu)v xa\ oxvpcoiraiAéya} Tïjy itiXiv e7c\ ToO TCTpaexoO; noXéjiou x. t. X. Le dernier xa\ rattacherait ici des faits qui ont leur place quelques années plus tard.

^) On sait aujourd'hui, d'après une inscription publiée par Kôhler (dans les MîUheiL d, d, arch. Inslit, 1880, p. 268), que, dans la dixième prytanie de 01. CXVIII, 3, c'est-à-dire vers le printemps de 305, Antigone a expédié aux Athéniens une somme d'environ 140 talents.

^) Les Athéniens prisaient très haut la part qu'ils avaient prise à la grande

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nier secours qu'il leur accorda. Sans doute que, pendant Tannée 306, les rois avaient été suffisamment occupés par la guerre d Egypte, et Tannée suivante par celle de Rhodes : ils espéraient probablement qu'après la défaite de Ptolémée, ils pourraient fisicilement repousser Cassandre et Tanéantir ; mais, après Tinsuccès de la campagne d'Egypte, le siège de Rhodes se prolongeant jusque bien avant dans Tannée 304, quand on sut qu'Athènes elle-même était menacée, on comprit qu'il fallait la secourir au plus vite. Les ambassadeurs des Âtfaé* niens et des Ëtoliens parurent dans le camp de Démétrios à Rhodes : on parle aussi d^ambassadeurs de beaucoup d'autres villes grecques ; c'étaient certainement en premier lieu les Béotiens, qui depuis 310 étaient retombés sous le joug de Cassandre, et ensuite des villes du Péloponnèse, car nous apprenons positivement * que Cassandre et Polysperchon, qui était dans le > Péloponnèse, dévastaient un grand nombre de villes. Ce sont ces ambassadeurs à Rhodes qui s'occupèrent principalement d'amener une entente pacifique ; dès qu'elle eut abouti, Démétrios courut vers THellade.

Vers la fin de Tautomne (304), Démétrios aborda près d*Aulis avec une flotte de 330 voiles et une armée de terre considérable : il annonça qu'il était venu pour achever la délivrance de la Grèce. Tout le territoire béotien et Tîle d'Eubée étaient au pouvoir de Cassandre, qui prenait son point d'appui àChalcis*; une garnison béotienne occupait cette ville, moins certainement pour la protéger que pour être comme otage sous la main de Cassandre, car c'était évidemment la nécessité seule qui avait pu décider la Ligue béotienne à une alliance arvec Cassandre, alliance qui impliquait la dépendance visa

victoire de Cypre : on s'en aperçoit au triple toast du personnage des Warmocopo/» d'Alexis (ap. Athen., VI, p. 254): 'Avnyivou toO patriXétoc vUyjc xaX^ç xa\ toO veavioxoO AyjpivjTpfov, et enfin ♦{Xrj; 'Afpod^TT);. Dans cette comédie, Callimédon était bafoué de la belle manière.

*) DiODOR., XX, 100.

'j Quand Dinarque quitta Athènes en 307, frappé d*une sentence d'exil, c'est àChalcisqu'il se réfugia (Plut., yii.XOroXL p* 850). On voit jusqu'à un certain point, par le décret en Fhonneur de Stratoclès (C. I. Attic, II, n« 266), dans quel état se trouvait la ville après la défection du stratège Ptolémée, le neveu d'Antigone, et jusqu'à l'arrivée de Démétrios à Athènes.

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