‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 312 sur 457 · OL. cxtx, 1] succès rapides de démétrios · texte numérisé non relu

OL. cxtx, 1] succès rapides de démétrios

vis de Thëbes '. Démétrios se dirigea aussitôt avec toutes ses forces contre Chalcis, qui dominait l'Euripe et les communications entre TEubée et le continent ; la ville se rendit sans hésitation et sa liberté fut proclamée. Ces mouvements rapides et heureux sur les derrières de Cassandre, occupé au siège d'Athènes, durent lui inspirer des inquiétudes sur sa pit)pre sécurité et sur ses communications avec la Macédoine, d'autant plus qu^il ne pouvait avoir aucunement confiance dans la Béotie. Il se hâta de quitter TAttique * : des garnisons furentlaissés à Phylé et à Panacton ; avec le gros de ses forces, il marcha par Thèbes vers les Thermopyles. Démétrios le suivit sans tarder, et, si Cassandre lui-même Ini échappa, du moins près de 6,000 Macédoniens passèrent spontanément sous ses drapeaux, et Héraclée, à l'issue des Thermopyles, se soumit à lui. U revint avec tout l'appareil d'un vainqueur, proclama partout la liberté, contracta ime alliance militaire avec les Étoliens pour continuer la guerre contre Cassandre et Polysperchon, et fit un traité de paix et d'alliance avec les Béotiens; les forteresses de Phylé et de Panacton furent ensuite enlevées aux gai*nisons ennemies et restituées aux Athéniens, et Ton chassa de même la garnison macédonienne de Cenchrées, le port oriental de Corinthe.

A la fin de l'année 304, les soldats de Cassandre étaient chassés de rHellade proprement dite, et la liberté rétablie en deçà des Thermopyles; plus la nouvelle domination de Cassandre avait été dure, plus on dut célébrer avec enthousiasme la victoire du jeune roi libérateur ; tous les États grecs attendaient avec impatience son arrivée et la réalisation des promesses de liberté qu'il apportait. Démétrios résolut cependant de passer l'hiver dans sa chère ville d'Athènes. Si l'on songe à la grandeur du danger qui avait menacé la ville, on comprendra qu'elle ait reçu son libérateur avec les plus grands honneurs; on alla jusqu'à une exagération sans mesure,

') C'est à Thèbes que s'était réfugié Démétrios de Phalère : on ne peut

que faire des conjectures sur les rapports de cette ville une fois reb&tie avec

la Ligue.

*) Plutarque (Demelr. 23) s'exprime presque comme s'il y avait eu un

combat livré : cependant, la chose est absolument invraisemblable.

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comme c'était l'habitude des Athéniens d'alors. Ils lui assignèrent pour résidence Topisthodome du Parthénon ; la déesse vierge, disait-on, désirait donner elle-même Thospitalité au libérateur de sa ville et Tinvitait à prendre son temple pour demeure. C'est là, dans le sanctuaire de la chaste déesse, « sa sœuF aînée », comme il l'appelait, qu'il se livra, selon sa coutume, à toutes les débauches, vidant jusqu'à la lie la coupe de toutes les passions sensuelles ; aucun enfant, fiucune jeune fille, aucune femme n'était à l'abri de ses désirs, effrénés, et Plutarque assure que la pudeur lui défend de rapporter tous les crimes qui furent commis dans le temple de la Vierge*. Il raconte, certainement d'après Douris, quelques anecdotes qui peuvent servir à caractériser sinon le Poliorcète, du moins le public médisant d'Athènes et d'ailleurs, et l'esprit dans lequel le futur tyran de Samos écrivit Thistoire pour ce public. On y lit : Démoclès, qu'on sunaommait le Beau, excitait plus que tout autre les désirs du jeune roi, mais l'enfant résistait à tous les présents et à toutes les menaces ; il évitait les palestres et les lieux publics, se baignait dans des maisons privées^ pour échapper à la poursuite du roi. Un jour qu'il était au bain, Démé trios entra : il n'y avait ni aide à portée, ni issue pour fuir; alors l'enfant enleva le couvercle du bassin d'eau chaude et sauta dans le liquide bouillant, préférant ainsi la mort à la perte de son innocence. Un autre enfant, Cléaenétos, fils de Cléomède, demanda comme prix de ses faveurs que Démétrios fît remise à son père de 50 talents qu'il devait à l'État ; Démétrios remit à Cléomède une lettre adressée au peuple athénien, dans laquelle il demandait l'annulation de l'amende. Le peuple entendit cette lecture avec stupéfaction; on décréta que cette fois on y consentait, mais qu'à l'avenir il ne serait plus permis aux citoyens d'apporter à l'assemblée une lettre de recommandation de Démétrios. Démétrios fut tellement irrité de cette résolution, que les Athéniens se hâtèrent non seulement d'annuler leur décret, mais de condamner à mort ou. à l'exil ceux qui l'avaient proposé ou appuyé. Bien plus, sur la proposition de Stratoclès, on rendit un nouveau décret, qui déclarait que

^) Plut., Demetr, 24.

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