‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 313 sur 457 · OL. cxix, i] démétrios dans le Péloponnèse · texte numérisé non relu

OL. cxix, i] démétrios dans le Péloponnèse

tout ce que le roi Démélrios commanderait serait considéré comme sanctionné par les dieux et juste aux yeux dos hommes. Quelqu'un s'écria, dit-on : « Il faut que Stratoclès ait perdu la raison, de faire une proposition pareille ». Démocharës répondit : « Il déraisonnerait, s'il ne déraisonnait pas ! » On dit que cette exclamation donna lieu contre Démocharës à un procès, à la suite duquel il aurait été banni *. Le roi devait tenir à voir éloigné de la ville un homme dont la vie et les actions étaient un perpétuel avertissement pour les Athéniens, une perpétuelle critique à son endroit.

Au printemps de 303, Démétrios se hâta d'accomplir l'œuvre commencée de la délivrance de la Grèce ; il s'agissait d'abord de briser la puissance des adversaires dans le Péloponnèse, d'appeler les États k la liberté, puis, porté par la faveur de l'opinion publique, de se jeter sur la Macédoine pour frapper le coup décisif. Il n'y avait pas dans le Péloponnèse d'armée ennemie concentrée, mais des garnisons importantes dans les principales villes et territoires, Sparte exceptée ; Sicyonc était toujours au pouvoir de troupes égyptiennes ; à Corinthe résidait Prépélaos, avec le gros des forces macédoniennes, la ville ayant été, nous ne savons ni quand [ni pourquoi, cédée par l'Egypte à Cassandre ; des postes moins considérables étaient éparpillés dans l'Argolideet l'Arcadie ; les districts occidentaux du Péloponnèse étaient au pouvoir de Polysperchon, notamment la ville achéenne d'iEgion, défendue par une nombreuse garnison sous les ordres de Strombichos. Démétrios commença par tourner ces postes principaux, qui ne pouvaient ni lui faire obstacle ni lui créer des dangers, et se dirigea vers Argos ; la garnison se rendit, et la ville le reçut avec le plus grand enthousiasme. Cet exemple fut suivi par Épidaure et Trœzène.

') Plut. Demelr, 24. Il semble impossible de rapporter à cet événement les expressions du décret en l'honneur de Démocharès : êli^caev vnbxwv xaTaXuaavTwvTov Ôri(jLov; en effet, la génération suivante put bien reprocher au Poliorcète d'avoir abusé de la démocratie et de l'avoir déshonorée, mais non pas d'avoir fait ce que signifie, au sens technique et officiel, Texpression xaTâXuffic toO 6r,[i,ou. Du reste, il est probable qu'en 303 il s'agissait plu lot de faire que Démocharès s'éloignât volontairement de la ville, car on ne voit pas bien comment cette boutade put devenir matière à procès.

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Jugement Argpa célébrait la fête quinquennale de Hèra, à laquelle les Grecs avaient coulnme de venir agj^ster de près et de loin*; Démétrios se chargea d'organiser les concours et ii'héberger les étrangers. La fête fut en même temps^celle du mariage du roi : il épousa Déidamia, la sœur du jeune roi d'Épire, Pyrrhos, qui avait été autrefois fiancée au fils de Roxane ; les intérêts de Démétrios et du, royaume épirote semblaient se confondre; tous les deux avaient à lutter contre Cas* sandre ; ce mariage allait consolider leur alliance, et parais^ sait devoir assurer au jeune Pyrrhos la possession de son royaume.

D'Argos, Démétrios se dirigea sur TArcadie : tout le pays, excepté Mantinée, se soumit. Après cela, il devait attaquer Sicyone, occupée par Philippe avec une garnison égyptienne; pour enlever au commandant toute inquiétude, Dén^étrios se rendit à Cenchrées, où il vécut au milieu de fêtes et de distractions de tout genre, pendant que sa flotte faisait le tour du Péloponnèse et occupait, à ce qu'il parait, les places principales des côtes de Messénie et d'Élide. Aussitôt qu'elle eut dépassé Rhion. Démétrios lança inopinément toutes ses troupes mercenaires, sous Diodoros, contre la porte de Pellène, du côté ouest de Sicyone, pendant que la flotte se jetait en même temps sur le port et que Démétrios en personne, avec le reste de son infanterie, marchait de Test contre la ville. Elle fut prise sans eflort; la garnison égyptienne eut à peine le temps de se jeter dans la citadelle et de la fermer V La ville basse était à une assez grande distance de lacropole, de sorte que Démétrios trouva assez de place pour établir son camp entre les deux, et put investir la citadelle. Il commençait déjà à construire do grandes machines et à préparer un assaut, lorsque Philippe offrit de rendre la citadelle à condition qu'on lo laissât sortir librement. La convention fut acceptée et les troupes de Ptolé-

*) Pour ces Hei*œa ou Hecatomhxa^ je ne connais pas d autre indication chronologique que celle qui résulte de ce passage : il montre qu'on les célébrait au printemps de la première année des Olympiades. Leur nom doit venir d'un mois Hécatombeus, qu'on rencontre aussi à Sparte.

') GoMPF, Sïcyomca, p. 68. Poly.€X.,1V, 7, 3. C'est le siège dont il est question dans le Curculion de Plaute (III, 25).

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