‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 314 sur 457 · OL. CXlX, 1] RBGONSTRUCTIO?^ DB sicro?fB · texte numérisé non relu

OL. CXlX, 1] RBGONSTRUCTIO?^ DB sicro?fB

mée retournèrent en Égypto, appë& s*ètre maintenues pendant cinq ans dans le Péloponnèse. Comme la situation de la ville était défavorable à bien des égards, et que notamment elle ne pouvait être défendue par sa citadelle en cas d'attaque, Démétrios invita les Sicyoniens à quitter la plaine et à s'installer dans Tacropole; ils avaient demeuré jusqu^lors à côté de la ville, il était temps d'aller demeurer dans la ville même. Naturellement ses volontés' furent obéies , et, dans le fait, il ne pouvait rien arriver de plus heureux à la ville. La partie bien fortifiée de Sicyone, qui était voisine du port, fut rasée, et en peu de temps, par les efforts associés des citadins et des trou* pes, la ville fut achevée sur le large plateau de l'ancienne acropole, dont la partie méridionale, la plus escarpée, fut aussitôt transformée en citadelle' ; les nombreux artistes de l'école de Sicyone, très célèbre en ce temps^ travaillèrent à l'embeUissemont de la nouvelle ville, à laquelle Démétrios donna une complète liberté. Les citoyens s'empressèrent d'honorer leur grand bienfaiteur de toutes les manières possibles : ils donnèrent à la nouvelle ville le nom de Démétriade ; ils lui consacrèrent un temple et un culte, des fêtes solennelles, des jeuK annuels, des honneurs héroïques comme au fondateur de la cité*.

Les forces macédoniennes à Corinthe étaient complètement enfermées par les mouvements opérés jusqu'ici par Démétrios; il y avait à Corinthe, comme partout, un parti qui désirait ardemment la fin de la domination macédonienne ; ce parti était secrètement d'accord avec Démétrios et promit de lui ouvrir une porte désignée'. Pour mieux tromper les ennemis, Démétrios fit attaquer pendant la nuit le port de Léchaeon ; aussitôt que les cris de l'assaut retentirent de ce côté, tout le monde courut au port pour le défendre, pendant que les traîtres ouvraient la porte du côté des hauteurs et laissaient pénétrer l'ennemi. Les rues furent aussitôt occupées, et les Macédoniens se réfugièrent les uns sur l'Acrocorinthe, les autres

*) Le docte Polémon décrivit la PoikiléSioa de Sicyone (Athen., VI, 253), fondée par Lamia (Athen., XUI, 577).

«) xiiAà; a>;xTÎ<TTti (DiODOR., XX, 102, 3 ). Pajsan., II, 7. '] toi; \uxhL xopuçV itjXot; (Poly.e.n., IV, 7, 8),

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sur le Sisypheion; au matin, la ville et le port étaient au pouvoir de Déraétrios. Aussitôt commença le siégé des deux forteresses : Ténergie de la défense, bien conduite par Prépélaos," rendit ce siège assez difficile. Enfin le Sisypheion fut pris d'assaut, et la garnison se réfugia dans la citadelle plus forte de TAcrocorinthe : l'assiégeant redoubla ses ef Forts; des machines furent dressées, de puissants ouvrages exécutés ; tout fut mené avec un art, une activité et une logique qui répondaient à la réputation du « preneur de villes » . Prépélaos comprit parfaitement qu'il ne pouvait ni attendre des secours de Cassandre, ni résister à la longue : il semble qu'il demanda en vain à capituler; il se sauva par la fuite'. L'Acrocorinthe fut prise et la liberté de la ville proclamée ; une garnison fut néanmoins laissée dans la citadelle, sur la demande même des Corinthiens, jusqu'à ce que la guerre contre Cassandre fût terminée.

Démétrios partit aussitôt pour se rendre maître des autres parties du Péloponnèse : il se dirigea d'abord à Touest, vers l'Achaïe; la ville de Boura fut prise de vive force et sa liberté proclamée ; il marcha ensuite contre Scyros* et prit aussi cette ville en peu de jours. Puis il revint sur les autres villes do l'Achfiue : à Jîgion se tenait Strombichos, avec des troupes considérables de l'armée de Polysperchon ; Démétrios le somma de se rendre; Strombichos répondit du haut de la muraille par des insultes; aussitôt le roi fit avancer les machines contre la muraille et commencer l'assaut; la ville fut prise en peu de temps; Strombichos et 80 autres furent crucifiés devant les portes de la ville ; le reste de la garnison, au nombre de 2000 hommes, reçut l'arriéré de sa solde et fut incorporé à l'armée royale. Après la prise d'^Egion, les petits postes de la contrée, ne pouvant attendre de secours ni de rtgypte, ni de la Macédoine, désespérèrent de pouvoir tenir contre Démétrios et s'empressèrent de se rendre à la merci du roi.

1) attfxpwç exireaciv (Diodor., XX, 103).

*) Diodor., XX, 103, 3. Scyros est parfaitement inconnue. Wessellng suppose qu'il s'agit de la ville arcadienne de Sciros (Steph. Byz., s. v.); on s'attendrait plutôt à une ville située plus au nord, à Olenos, par exemple.

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