‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 315 sur 457 · OL. cxix, 2} diète de corinthe · texte numérisé non relu

OL. cxix, 2} diète de corinthe

Ces événements ont dû occuper la plus grande partie de l'année 303. Démétriôs était maître de THellade et du Péloponnèse; la liberté était rendue aux États, et le dévouement à Démétriôs était la condition de leur existence. Il convoqua une diète àTisthme de Corinthe : Taffluence fut énorme ; il n'y eut guère de ville d'en-deçà des Thermopyles qui se soit dispensée d'envoyer des députés. Nous n'avons pas de détails sur les délibérations de cette assemblée ; il parait hors de doute qu'on y renouvela la fédération des États helléniques, qui avait cessé d'exister depuis la guerre Lamiaque ou du moins depuis la domination de Cassandre sur la Grèce; peut-être fut-elle restaurée sur des bases identiques pour le fond à celles de la Ligue instituée par Philippe à Corinthe, mais certainement avec une plus grande autonomie des États particuliers. On rapporte que Démétriôs se fit attribuer l'hégémonie de la Grèce ; naturellement cette hégémonie ne pouvait être comprise que comme dirigée contre les prétentions du maître de la Macédoine et des autres usurpateurs du titre royal. Ceux-là, Démétriôs leur donna à Corinthe des titres comme le « navarque » Ptolémée, r« éléphantarque » Séleucos, le « trésorier » Lysimaque, le « nésiarque » Agathocle* : à côté d'eux il célébra son père comme le véritable souverain de l'empire', et déclara que la plus belle mission de la royauté était de rétablir et d'assurer la liberté des Hellènes. Étant donné la position de Démétriôs en face des usurpateurs et son caractère personnel, il paraît vraisemblable qu'il se désigna en même temps comme le représentant de la démocratie contre l'oligarchie, qu'il fit valoir comme un droit et un privilège de l'empire unifié la mission d'assurer la liberté et la démocratie dans les villes

*) C'est Plutarque {Demetr. 25) qui met ces noms dans la bouche de Démétriôs : il est difficile d'y voir, ainsi qu*on l'a fait, des titres officiels, comme si ceux qui en sont affublés étaient devenus sous ce nom grands officiers de la couronne. Ces renseignements doivent provenir de Douris: Diodore ne souffle mot de ces incidents qui se seraient passés à Corinthe.

«) J. P. Six {Annuaire de Numismatique, 1882, p. 31 sqq.) fait remarquer que, tandis qu'Antigone continuait à frapper, sans modification aucune, des tétradrachmes d'Alexandre, Démétriôs a frappé par exception en 303, dans le Péloponnèse, des tétradrachmes avec la légende BASIAEÛ2 ANTI-

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