DÉMÉTRTOS GÉNÉRALISSIME DES HELLÈNES [III
helléniques, tandis que naturellement ces potentats usurpateurs ne pouvaient accepter le droit à la liberté fièrement revendiqué par les Hellènes. Nous ne savons rien de particulier sur l'organisation de la nouvelle Ligne, ni sur l'activité et la compétence de la diète. Une seule chose paraît certaine, c'est qu'en nommant Démétrios général de la Ligué, les États alliés durent fournir des contingents pour la campagne de Tannée suivante contre Cassandre.
Cependant, en face de la côte d'Épire, dans l'île de Corcjre, qui avait secoué en 312 le joug macédonien, il se passa un événement qui menaçait de jeter un grand trouble dans les affaires helléniques. La riche république de Tarente n'avait pas pris part à la grande guerre de Rome contre les Samnites ; elle s'était contentée de continuer sa petite guerre avec les Lucaniens, les alliés de Rome. Lorsque les Samnites furent obligés de demander la paix à Rome (305), les Lucaniens n'en devinrent que plus ardents à continuer leur guerre contre Tarente. La ville ne sut rien faire de mieux que de prendre, comme autrefois, à sa solde un prince avec son armée. Elle s'adressa à Sparte, sa métropole. Or à Sparte vivait alors Cleonymos, fils du roi Cléomène, qui, depuis qu'Areus, fils de son frère aîné Acrotatos, était devenu roi, n'avait cessé d'ourdir contre lui des intrigues, comme si la royauté lui revenait de droit. Pour se débarrasser de lui, les éphores lui permirent volontiers de recruter une armée qu'il devait conduire aux Tarentins. Il vint des vaisseaux de Tarente pour l'amener en Italie avec 3,000 mercenaires qu'il avait recrutés sur le Té. nare. Avec les milices Tarentines et d'autres mercenaires recrutés ailleurs, ses forces montèrent jusqu'à 20,000 hommes. Il força les Lucaniens à faire la paix avec les Tarentins, et les décida, vu que les Métapontins n'accédèrent pas à la paix, à envahir leur territoire ; il se jeta ensuite lui-même dans cette ville hellénique, où il exerça les exactions et les violences les plus criminelles : au lieu de marcher contre les autres alliés de Rome et contre les Romains eux-mêmes, il agita toute sorte de projets malsains; on prétend même qu'il eut l'idée de délivrer la Sicile. Tout à coup il se jeta sur Corcyre, dont la position dans l'Adriatique était également favorable à des