LA DIÈTE DE LA LIGUE HELLÉNIQUE
les Macédoniens; TAchaïe se tenait tranquille depuis le désastre de Chéronée : quant à Sparte, depuis sa défaite en 330, elle avait en Macédoine cinquante otages, pris parmi les nobles.
La Ligue de Corinthe, sur laquelle reposait Tinfluence macédonienne en Grèce, était en pleine dissolution. Elle était remplacée par une Ligue hellénique avec une Diète qui la dirigeait*, une armée alors victorieuse, et la flotte athénienne de 40 quadrii'èmes et 200 trirèmes qui allait prendre la mer, flotte de beaucoup supérieure à celle des Macédoniens, tant pour le nombre que pour la grandeur des bâtiments.
Mais le coup le plus sensible pour Anlipater, c'était la défection de la Thessalie. Le, seul avantage qu'il possédât jusqu'ici, il en était privé, depuis que les 2,000 cavaliers thcssaliens avaient passé à Tennemi. Cette désertion était due surtout, paraît-il, à l'hipparque Ménon, dont la fille Phthia avait épousé le roi d'Épire ^Eacide. Cette trahison non seulement mettait Antipaler hors d'état de tenir la campagne contre les alliés, mais coupait ses communications avec la Macédoine, du moins celles par voie de terre, et il en serait de même par mer, si la flotte athénienne arrivait avec toutes ses forces. L'armée ennemie pouvait, au contraire, par suite de l'accession de tant d'alliés nouveaux, faire venir sans cesse de nouveaux renforts : TEubée elle-même n'était plus sûre depuis la défection de Carystos, et les Béotiens étaient entourés à peu près de tous côtés d'ennemis exaspérés. Dans ces circonstances cri-
était aux mains des Macédoniens, cela pouvait suffire pour empêcher les Péloponnésiens, dont bon nombre, quoique membres de la Ligue, ne prirent point part à la guerre, de se mettre en campagne.
*) Ce synédrion n'était connu jusqu'ici que par une lettre qu'on citait comme envoyée par Démosthène (tjXOev iiti<rcoXr^ Tcpbç touç tûv crupipLa^cov ovvéôpouç). Son existence est aujourd'hui confirmée par le décret rendu en 306 en l'honneur de Timosthène de Carystos. Il y est dit : xa\ TcpitEpov 6[v Tw 7ioX£(i«i) ov 9ce?coX£(iy]xe]v à Srjfjio; à 'A6r)va{a)v [...uirèp xr\ç êXjeuôepîac ta>v [*EXXi^]va)v [«..(tJjveSpoc ira t[oc <j]TpaT[ia)Tixà...] ov^Apiàxcov rjwvcÇeTO (C. I. Attic, II, n® 249). Les débris d'une autre inscription (C. I. Attic, II, n® 18i) nous donnent, suivant l'ingénieuse conjecture de Koumanoudis, une liste des peuples associés pour celte guerre, les noms étant suivis de chiffres bas, qui paraissent indiquer le nombre de leurs voix ; par exemple : ^«oxécov III, Aoxpâ>v III l...0Ja<Ttu>v III (peut-être vaudrait-il mieux lire ici OXi]a<jtto>v, d'après Pausanias, I, 25, 4); ensuite ••' anb BpsxY); xa\ ... KeyotXvjvU; III.