OL. cxiv, 2] siège de lamia
tiques, Antipaler n'avait plus guère d'autre parti à prendre que de se maintenir à tout prix dans Lamia, où il s'était jeté, en attendant l'arrivée des renforts d'Asie. La situation de la ville, son acropole élevée, ses remparts prêtaient à la résistance, et son port de Phalara, à un mille de la ville, permettait de rester en communication avec la flotte. Antipater répara et augmenta les fortifications, accumula des armes, des machines de guerre et du matériel de toute sorte, fit des provisions de bouche autant qu'il en put trouver. La petite rivière de rAchéloos,qui traversait la ville, fournissait de l'eau potable à discrétion *.
Léosthène avait suivi l'ennemi avec toute l'armée confédérée jusqu'à Lamia. Pour se couvrir, il établit des retranchements munis d'un fossé, et mena son armée rangée en bataille contre la ville. Vu le tenipérament de son armée, il tenait à éviter, si faire se pouvait, un long siège. Comme l'ennemi se renfermait derrière les murailles et que rien ne pouvait le décider à une sortie, Léosthène essaya de prendre la ville d'assaut. Il renouvela l'attaque chaque jour avec la plus grande vigueur : on le repoussa avec un courage et une ténacité égale. Les alliés éprouvèrent des pertes considérables, et Léosthène comprit qu'il ne pouvait emporter la ville de vive force. Il entreprit alors un blocus en règle et ferma toutes les approches de la ville; notamment les communications avec Phalara et la mer furent tout à fait coupées. On commença à entourer la yiUe d'un mur avec fossés, qui isolait complètement les assiégés. Vu le grand nombre d'hommes enfermés dans la ville, il y avait lieu d'espérer que les provisions seraient bientôt épuisées et que le manque de vivres forcerait Antipater à se rendre*.
On étaitàl'équinoxe d'automne, époque où la Ligue étolienne avait coutume de se réunir pour choisir un nouveau stra-
«) DiODOR., XVIII, 12. Justin., XIII, 5. Strab., IX, p. 434. Sur remplacement de Lamia (Zeitoun) voy. Leake, Travch in Northern Grecce, II, p. 20. C. I. Gr^c , I, n» 1776.
«) DiODOR., XVIII, 12. Hypéride est ici d'accord avec Diodore : èv yj ye
à' (nc«p6o>otc X. T. X. (EpUaph, IX).
Si MORT DE LÉOSTHÈNE [I, 2
tège *. Les Étoliens demandèrent à Léosthène la permission de s*en retourner dans leur pays « pour y vaquer à leurs affaires locales ». Le prétexte était-il sincère, ou bien étaient-ils déjà las d'une guerre qui donnait beaucoup de fatigue et de peine sans le moindre butin, toujours est-il qu'ils retournèrent dans leur pays, et ils formaient le quart de Tarmée. Léosthène cependant restait assez fort pour continuer le blocus de la ville. La disette commençait à s'y faire cruellement sentir, et Antipater se vit obligé d'entamer des négociations. Il offrait la paix, mais Léosthène voulait qu'il se rendît sans conditions*. Plus d'espoir pour Antipater : de jour en jour l'enceinte construite par l'ennemi devenait plus solide ol plus épaisse ; des sorties tentées contre les travaux ne servaient qu'à empêcher le soldat de perdre dans l'inaction absolue sa dernière espérance et ce qui lui restait d'énergie. C'est dans une de ces sorties que Léosthène, se trouvant dans un fossé récemment creusé, reçut une pierre de fronde à la tête : il s'affaissa; on le transporta évanoui dans son camp ; trois jours après, il était mort*.
La mort de Léosthène était un coup terrible pour la cause des alliés. Bon soldat et général capable, il avait la confiance absolue des alliés ^, et son nom attirait de loin comme de près les bandes de mercenaires. Les résultats obtenus jusqu'alors avaient répondu aux plus belles espérances des coali-
*) PoLYB., IV, 37, 2. LuKAs (Ueber Polybios* Darstellung des aitolischen Bundes, p. 64) explique autrement ce retour au pays : « Probablement, dit- « il, les Acarnaniens, Ambraciotes et Amphilochiens avaient profité de « Fabsence de leurs ennemis les Étoliens pour faire une incursion en Étolie ». Ce n'est cependant pas là ce que doit signifier rèOvtxa\ -/peîai de Diodore, au passage indiqué.
•) Suivant Diodore (XVIII, 18), Antipater rejette plus tard toutes les propositions des Athéniens, eàv |iyj xaO' IxutoÙ; éfC!Tp£t{/(i><Tcv auto»... %oà yàp txeîvou; ffuyxXecffovTEç eÎç AapLtav tov 'AvTiiratpov toi; aûxàç «Tcoxpcaet; trefcotrjaOai, iipe<r6eu<jaivTOC auxoO ittçX tr,; eipY)VT}ç,
J*) DiODOR., XVIII, 13. Justin (XIII, 5) dit : telo e mûris in transeuntem jdcto occidilur, ce qui paraît bien ne pas s'appliquer à un engagement proprement dit (<TV(MrXoxT|; yevoiiévyjc. DiODOR., ibid,). D'après Pausanias {III, 6, 2), Léosthène tomba au commencement du combat, « comme Cléombrote à Leuctres, et Hippocrate à Délion ».
*) Pausanias (I, 25, 4) dit de Léosthène : ôoxôv thon noXIjiwv î?(Mreipoc, et un peu plus loin : xoi 3r) xixe Jiv el; orîtov ^XTCiaav t« ïpyoL XapiTcpitepa eiti^ec- ^â(UVo; 7rap£«Jxev àicoOavàiv àOu(jiYi<Tat «&<ji xai 6ià toOto ovx ^xtora açaXyjvat.