‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 35 sur 457 · OL. cxiv, 2] funéràillss de léosthènë 5S · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2] funéràillss de léosthènë 5S

ses; aucun accident n'était survenu, et, sous sa direction, la « guerre hellénique », comme on l'appelait à Athènes', paraissait devoir aboutir au plus brillant succès.

Sa mort frappait au cœur la puissance des coalisés et lui enlevait sa vitalité. Plus on s'était promis de grandes choses sous son commandement, plus on avait joyeusement célébré de sacrifices, de fêtes et de processions aux messages de victoire qu'il envoyait incessamment du camp, plus on s'était abandonné à l'ivresse du succès, plus le découragement fut profond à Athènes quand on apprit sa mort. On exalta par des panégyriques outrés et des lamentations le deuil du grand mort et les regrets accordés à sa renommée. La fiancée du général, la fille d'un Aréopagite considérable, se donna la mort en disant que « vierge encore, elle était déjà veuve, et que nul autre n'était digne de posséder la fiancée de Léosthène' ». On fit au défunt les plus belles funérailles ' ; le peuple athénien décida ensuite qu'il y aurait une fête des Morts au Céramique, et Hypéride, l'homme d'État qui était alors à la tète des affaires» fut chargé de prononcer l'oraison funèbre de Léosthène et des citoyens morts dans la campagne de Lamia^.

*) Le décret de 301 en rhomieur d'Euphilétos (C. I. Arnc, II, n« 270) appelle cette guerre 6 •EXXtjvixbç 7c6Xe|ioç.

*) Ce renseignement est tiré de St Jérôme (Adv. Jovin,^ I, p, 35 éd. Francof. 1684) ; je le dois à Graubrt {Analekten, p. 259). Grauert ajoute : « L'héroïsme d'autrefois n'était pas mort à Athènes » ; cependant ce suicide, si tant est que ce ne soit pas une invention, témoignerait plutôt de l'espèce d'affectation et de surexcitation que Ton admire dans ces temps d'enthousiasme rétrospectif pour la liberté. Du reste, Léosthène était veuf et avait des enfants (Pausan., I, 1,3).

«) D'après Diodore (XVIII, 13), le stratège paraît avoir été inhumé dans la plaine devant Lamia : ra^évroc TjpoVxfi>c Stà rr^v cv Ta 7coXl{i.a> S6|av» 6 \t.h 2^{&oc X. T. X. La solennité des funérailles au Céramique n'a guère pu avoir lieu dès le mois de novembre 323.

♦) Pausan., I, 29, 12. Le tableau dont parle Pausanîas (I, 1, 3) doit avoir été dédié plus tard. Il s'est conservé de Y'Emxa^toç d'Hypéride (ap. Stob., Sermon, CXXIII, p. 618) un fragment qui se rejoint presque sans lacune à un autre fragment du même discours retrouvé de nos jours dans un papyrus égyptien, à côté de fragments de trois autres discours d'Hypéride, de sorte que l'on a une idée nette et sûre des sentiments qu'exprime l'orateur. 11 était dit dans une note de la première édition, insérée à cette place, que Léosthène avait été un des hétsres d'Alexandre : la question est vidée maintenant par une correction apportée au passage de Strabon sur la guerre

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