OL. cxix, 4] défection d'athènes Sl
regagna aussitôt la pleine mer'. Il espérait être bientôt à Athènes, lorsqu'il rencontra un navire athénien qui lui amenait des ambassadeurs de FÉtat : le peuple, lui dirent-ils, avait résolu, vu la difficulté des temps, de ne recevoir dans la ville aucun des rois ; Démétrios était donc invité à ne pas y venir ; on avait déjà conduit, avec tous les honneurs, son épouse Déidamia à Mégare. Démétrios était hors de lui ; il eut peine à reprendre possession de lui-même: il répondit, avec toute la douceur possible, qu'il n'avait pas mérité cela d'Athènes; que la ville n'agissait pas dans son propre intérêt; qu'il n'avait pas besoin des Athéniens, et ne leur demandait qu'une chose, h savoir, de permettre à ses vaisseaux qui étaient encore dans le Pirée de partir librement et d'abandonner la ville à son sort. Les ambassadeurs y consentirent'. Mais l'ingratitude des Athéniens le révoltait ; il souffrait moins de la perte d'un empire que de se voir ainsi trompé dans sa foi en cette incomparable Athènes, dont il avait uniquement ambitionné l'approbation, au sein de laquelle il avait espéré trouver l'envie et la force de prendre un nouvel essor. Il avait oublié qu'il avait déjà vu le peuple réel d'Athènes bien éloigné de l'idéal qu'il s'en était fait, et, comme le sérieux de ^a situation avait vite changé et ennobli ses sentiments, il oubliait comme lui-même l'avait abaissé et lui avait appris à s'abaisser ; c'est lui seul qui avart changé, non les Athéniens, dont la mobilité de sentiments l'affectait si douloureusement. La défection d'Athènes dérangeait profondément ses plans ; seule elle avait la situation, les ports, les ressources nécessaires pour appuyer ses projets grandioses; tout manquait maintenant sous ses pieds ; ce n'est que maintenant' qu'il avait pleine conscience d'être un vaincu, un fugitif.
Cependant les vainqueurs étaient occupés à prendre possession des pays qui n'avaient plus de maître ' ; mais ils ne respectèrent pas absolument les articles du traité d'alliance. Il était hors de doute que Cassandre avait soutenu le premier
«) Plut., Deme/r., 30.
5) codicep iiéya <ïû|ia xataxi^iovre; êXà|i6avov {uptda; xa\ npotf6t<vc{(&avto tà< êxeîvfa>v eTcopx^a; af; cT^ov avxo\ icpiTepov (Plut., Demelr., 30).