OL. cxix, 4] Arménie et cappadoce
Nous ne savons pas exactement d'après quelle ligne de frontières Séleucos et Lysimaque se partagèrent les anciennes possessions d'Antigone. Appien dit : « Séleucos obtint la souveraineté de la Syrie en deçà de TEuphrate jusqu'à la mer, et celle de la Phrygie jusque vers le milieu du pays * ; mais, comme il avait toujours des vues sur les pays voisins et qu'il possédait, d'une part, la force pour les soumettre, d'autre part, le talent de les attirer à lui par la persuasion, il obtint aussi la souveraineté de la Mésopotamie, de l'Arménie et toutes les parties de la Cappadoce qui portent le nom de Séleucide * ; de plus celle des Perses, des Parlhes, des Baclriens, des Arabes, des Tapuriens, de la Sogdiane, de l'Arachosie et de l'Hyrcanie, ainsi que de tous les peuples voisins qu'Alexandre avait soumis, jusqu'à l'Indus, de façon que les limites de son empire embrassèrent une plus grande partie de l'Asie que celle que personne posséda jamais, excepté - Alexandre ; car, depuis la Phrygie jusqu'à l'Indus, tout était soumis à Séleucos ». La plupart de ces conquêtes avaient été faites auparavant déjà par Séleucos; pour voir quelles acquisitions nouvelles il fit, et de quelle manière s'organisa notamment la possession de l'Asie-Miucure, il faut parler de quelques territoires dont il n'a été fait mention jusqu'ici qu'en passant.
L'Arménie était en 316 sous le conmiandement de ce même Orontès qui était à la tète des Arméniens à la bataille de Gaugamèle ; c'est peut-être le même que Diodore désigne comme roi d'Arménie sous le nom d'Ardoatès'; c'était sans doute un de ces hommes que Séleucos sut mettre dans un état de dépendance bien éloigné, il faut le dire, d'une soumission complète.
La Cappadoce a dû dépendre de Séleucos à peu près de la même manière. Après la victoire d'Eumèneet de Perdiccas sur Ariarathe et l'exécution de ce dernier, son fils Ariarathe s'était enfui en Arménie avec un petit nombre de compagnons ; là il se tint tranquille jusqu'à ce que les deux généraux fussent
*) %ol\ 4>puYtac TT|C àvoi to (leaiyaiov (Appian., Syv. 55).
») Mannert (Nachfolger Alexanders, p. 265) croit que cette Cappadoce « Séleucide » est celle qui porte ordinairement le nom de Cataonie. II n'en donne pas de preuve, et je trouve nulle part de témoignage précis là-dessus : peut-être, d'après Pline (V, 30), est-ce le pays de Merasch etMalatie.
3) DiODOK., XXXf, 19, 6 [EcL III, p. 518).