‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 343 sur 457 · LES PETITS ROYAUMES MITOYENS [III · texte numérisé non relu

LES PETITS ROYAUMES MITOYENS [III

morts et que la guerre eût éclaté entre Antigone et Séleucos; appuyé par le roi arménien Ardoatè's, il retourna dans le pays de ses pères, tua le stratège Amyntas et chassa du pays sans grande peine les postes macédoniens*. Il n'est pas douteux qu' Amyntas ne fût le stratège d' Antigone, qu'Ariarathe n'agit sinon à l'instigation de Séleucos, du moins dans son intérêt, et que Séleucos et Lysimaque ne dussent désirer maintenant le voir lui-même assuré de la possession du pays. Jusqu'où s'étendait ce territoire ? Nous l'ignorons. LaCataonie fut réunie par lui, ou alors ou plus tard, je ne sais, à la Gappadoce, à laquelle elle appailenait par la langue et la population'. Le pays des Syriens Blancs, ou Gappadoce sur le Pont-Euxin, était probablement encore habité dans ses parties les plus orientales par des peuples indépendants qui exerçaient le brigandage, et la dynastie d'Ariarathe devait être limitée au pays situé entre le Paryadre, le Taurus et l'Euphrate.

Une troisième dynastie fut celle de Mithradate, qui, restaurée depuis peu, comprenait déjà les pays situés sur le JPont des deux côtés de l'Halys. Le vieux Mithradate avait été assassiné, comme nous l'avons vu, après ime vie très agitée et dans un âge extrêmement avancé ; il s'était déclaré pour Lysimaque, lorsque celui-ci s'avança dans l'Asie : on confirma maintenant à son fils la souveraineté de son père, sans y comprendre probablement les villes de l'ouest.

Il est certain qu'il a dû y avoir des considérations politiques pour déterminer les deux rois qui se partagèrent l'empire d'Antigone à créer ou à conserver une série de pays, sous des souverains propres, entre leurs deux empires respectifs ; la Cilicie, la Gappadoce, l'Arménie, le Pont, formaient une sorte de zone neutre, qui semblait propre à prévenir des frottements immédiats entre les deux grandes puissances : il faut dire que cette illusion ne dura pas longtemps. La Gappadoce et l'Arménie étaient évidemment sous l'influence de Séleucos, tandis que Lysimaque devait également chercher à faire sentir son ingérence à la cour de Mithradate; Plistarchos, de son côté^ ne pouvait manquer, en se serrant contre Lysimaque, d'assurer

*) DioDOR., ibid»

*) Strab., XII, p. 534.

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