OL. cxix, 4] le botaume de ltsimâque SI
son indépendance contre son trop puissant voisin do l'est*, n n'est pas possible de déterminer d'une manière certaine si les deux empires de Séleucos et de Lysimaque se touchaient immédiatement sur quelque point, en Phrygie, par exemple. Sans doute, Appien nous dit que Séleucos obtint la Syrie jusqu'à la mer, et la Phrygie jusqu'au milieu du pays, c'est-à-dire jusqu*aulac de Tatta probablement; mais, le même auteur désignant ensuite l'Arménie et la Gappadoce comme des possessions de Séleucos, on pourrait supposer que l'on adjoignit aussi à la Gappadoce le sud-est de la Phrygie : certains mouvements, du reste» que fit Démétrios plus tard semblent confirmer cette hypothèse*. En conséquence, Lysimaque obtint tout le reste de T Asie-Mineure, notamment les côtes méridionales en-deçà du Taurus, les belles provinces de l'ouest, la Phrygie sur FHellespont, la majeure partie de la Grande-Phrygie, la domination douteuse sur les peuples montagnards de race pisidienne ; une partie notable de la Bithynie lui était favorable à cause de sa situation^ Héraclée, et l'empire de la Paphlagonie et des pays du Pont-Euxin devait être sous son influence. Mais, sous son gouvernement» l'Asie-Mineure subit une révolution plus considérable que toutes les autres. Les villes grecques, dont la liberté avait été rétablie solennellement par Alexandre après sa victoire du Granique et qui avaient conservé leur indépendance politique sous l'administration de Perdiccas, d'Antipater et d'Antigone, quoique l'une ou l'autre d'entre elles eussent dû parfois subir une garnison macédonienne, ces villes, dis-je, devinrent sous Lysimaque des feudataires' comme l'étaient déjà tant de villes grecques
*) Ces indications, à dire yrai, sont fort douteuses, et il n*y a pas de témoignage exprès des anciens à Tappui : mais certains faits viendront confirmer plus tard la justesse de ces vues. Je n*ai pas fait mention du dynaste bithynien — ou, plus exactement, thynien — Zipœtès, parce qu'à ce moment^ il était encore trop insignifiant et que son petit pays était complètement englobé dans le royaume de Lysimaque.
*) Séleucos fut plus tard en mesure de disposer de la Cataonie (Plut., Demetr. 47).
^) Ceci est démontré par les monnaies à Teffigie de Lysimaque, dont les marques permettent de reconnaître les villes d'Asie où elles ont été frappées. MCller (Mûnzen des LysimachoSt 1858) énumère les villes suivantes : Héraclée du Pont, Cbalcédoine, Cyzique, Lampsaque, Abydos, Sigeion, Mitylène,
518 FIN DE l'empire d'alexandre [III, 5
de la Thrace. Parmi les îles, Lesbos, tout au moins, a partagé le sort des villes du continent.
Le développement de Tempire d'Alexandre, ou plutôt sa désassimilation et son démembrement, a fait, le jour de la bataille dlpsos et par suite de ses résultats, le pas décisif. La lutte des satrapes contre la royauté, commencée au jour de la mort du grand conquérant, a parcouru toutes les phases qui devaient amener pour toujours l'abandon de l'idée d'un empire macédono-asiatique ; ces satrapes ont tour à tour vaincu Perdiccas, le puissant administrateur de l'empire, terrassé Polysperchon, qui devait, appuyé sur la Macédoine, protéger le droit de la maison royale, détruit le noyau de l'armée de l'empire commandée par Eumëne, assassiné la postérité de Philippe et d'Alexandre, anéanti enfin le puissant Antigone, qui, devenu roi par la force de Tépée et l'hommage de ses Macédoniens, avait cherché à rétablir l'unité de la monarchie d'Alexandre. Il ne reste plus de forme sous laquelle l'idée de cette imité puisse être reprise : elle est perdue toute entière ; son glorieux souvenir a lui-même disparu. C'en est fait de l'empire : les organismes territoriaux ont pris sa place .
Indépendants dans leur souveraineté, tantôt ennemis, tantôt unis par des intérêts communs, subsistent les quatre royaumes de Séleucos, Cassandre, Ptolémée et Lysimaque; la politique et ses négociations n'ont plus poiu* objet l'empire d'Alexandre ou les arrangements pris en commun tout de suite après sa mort; les traités conclus par les quatre rois peu de temps avant la bataille d'Ipsos seront à l'avenir les bases du droit public et des rapports internationaux des empires hellénistiques. Le droit nouveau des rois n'est plus constitué par leur origine macédonienne, nr par leurs rapports d'autrefois avec l'empire d'Alexandre ; ils se sont taillé des royaumes dans cet empire et sont devenus des rois indigènes dans les pays qu'ils avaient jadis conquis avec Alexandre.
Mais déjà ces nouvelles formations n'embrassent plus tous
Atarnée (?), Pergame, Smyrne^ Érythrœ, Éphèse, Héraclée du Latmos (?), Magnésie du Méandre, Chrysaôris, Sardes, Synnada, Philomélion. I^s monnaies frappées à Rhodes à l'effigie de Lysimaque appartiennent, par leurs formes étalées, à Tépoque qui suit la mort de Lysimaque .