ANTIPHILOS GÉNÉRAL DES ALLIÉS [I
Il s*agissait maintenant de nonimer à la place de Léosthëne un général à qui on pût confier la direction supérieure de la guerre*. On craignait que le peuple ne choisît Phocion, qui était à l'époque le seul général en vue à Athènes; mais Phocion avait toujours entretenu d'excellents rapports avec les* gouvernants de la Macédoine, et il s'était dès le début opposé à la guerre. D'ailleurs, sa prudence et son aversion pour les mesures décisives auraient entravé la marche des opérations, peut-être même amené une solution à l'amiable, tandis qu'on se flattait encore de l'espoir que la puissance macédonienne serait bientôt humiliée. C'est pourquoi le parti de la guerre à Athènes mit en avant un homme d'ailleurs sans influence qui conjura le peuple de ne pas choisir Phocion pour général, disant qu'il honorait en lui son plus vieil ami, qu'il avait été son camarade d'école, mais qu'on pouvait bien ne pas exposer aux périls de la guerre le plus grand héros qu'il y eût à Athènes, celui qu'on devait réserver pour le péril suprême. Après quoi il proposa le nom d' Antiphilos, et Phocion appuya sa proposition en disant qu'il ne connaissait pas cet excellent orateur, son plus vieil ami^ mais qu'il lui saurait gré à l'avenir du zèle qu'il avait mis à lui rendre service. Le peuple choisit donc pour général cet Antiphilos qui, bien qu'incapable de remplacer complètement Léosthène aux yeux des Athéniens, fit preuve cependant de courage et d'habileté dans le commandement*.
On doit trouver étonnant que Démosthène, qui avait été si longtemps le chef du parti anti-macédonien, ne fût pas encore revenu, alors que la guerre durait déjà depuis plusieurs mois. II est possible qu'Hypéride, qui avait été un de ses accusateurs
Lamiaque (IX, p. 431) : ev ^ Ae(i>a6£vT)C Tc ïizkji tôv *AOY)Vtt(a>v arpaTYjYb; [xa\ AeôwaTo;] ù 'AXE^devSpou ètalpoç.
^) Athènes paraît avoir eu, malgré l'existence du synédrion des alliés, le droit de nommer le généralissime (itiXeo); à$tto{MtTt. Pausan., I, 25, 3). On ne voit pas bien si le nouvel élu était, comme Phocion, un des dix stratèges ordinaires de l'année, parmi lesquels on choisissait les commandants, ou s'il fut élu exprès pour ce poste.
') Diodore (Xyilf, 13) l'appelle : àvTjp ouvlaei «rcpaTYjyix^ xoà àvSpcs^ Staçépwv. Plutarque (PAocion, 26), en disant que, si les choses allèrent mal par la suite, ce fut en partie àwsiOeta — Ttpo; tov; «p^ovraç êmeixElc xa\ véou; ovTaç, vise probablement Antiphilos ; mais sa parole est de peu de poids en présence du témoignage d'Hiéronyme, suivi par Diodore.