‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 37 sur 457 · OL. cxiv, 2] retour de démosthène BT · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2] retour de démosthène BT

dans TafTaire d'Harpale, ait désiré tenir à distance le grand orateur, auquel il lui aurait fallu céder le pas à la tribune, r est possible aussi que, étant donné l'attitude de Démosthène pendant la guerre de Sparte en 330 et lors de l'arrivée d'Harpale, où il avait déconseillé une nouvelle lutte contre la Macédoine, Léosthène ait pensé qu'il s'opposerait encore à la guerre, malgré les chances de succès*. Cependant sa conduite dans le Péloponnèse, lorsqu'il s'était joint aux ambassadeurs athéniens pour recruter des adhérents à la ligue contre la Macédoine, prouvait bien qu'on pouvait compter sur son approbation ; et maintenant que la mort du grand capitaine avait jeté le découragement au dedans et en dehors d'Athènes, on pouvait trouver opportun de ne pas se priver de gaieté de cœur de l'appoint d*un nom aussi respecté et aussi illustre parmi les Hellènes*.

Sur la proposition de Démon de Paeanîa, cousin de Démosthène, le peuple décréta son rappel: une trirème fut dépêchée pour aller le chercher à Égine, où il se trouvait en ce moment. Quand il débarqua, les magistrats de la ville, les prêtres, une foule immense se rendit à sa rencontre et le reçut avec des cris de joie. Il leva les mains vers le ciel pour remercier les dieux, disant que son retour était plus beau encore que celui d'Alcibiade, car il ne revenait pas par la force, mais rappelé par

') Plutarque (ParcUL Dem. et Cic. 3) insinue peut-être quelque chose d'approchant, quand il dit que les hommes de guerre avaient eu peur des orateurs : AtqixooOIvou; |ièv Xaprita xai AïoirefOriv xa\ AeoxrOévYjv, Ktx£p(dvo; fis Iloi&irrîtov xa\ Kataapa x. t. X*

«) L'auteur des Vies des dix Orateurs (p. 849) parle d'une réconciliation entre Hypéride et Démosthène (xa\ oujAÔaXwv Ay)(ioo6évei xa\ ir£p\ -niç fiiaçop&c àicoXoYTj<jâ(ievo;) qui aurait eu lieu après la prise d'Athènes : A. Sch^fer (Demoslhenes, III, p. 336) estime qu'il s'agit de l'entrevue des deux orateurs en Arcadie. Si la sixième lettre de Démosthène était authentique, elle démontrerait, par la plus forte des preuves, que Démosthène vivait encore loin d'Athènes alors qu'Antiphilos était déjà stratège. Il suffit de constater qu'à propos de la solennité du Céramique, Diodore (XVIII, 13) dit de Démosthène; xa-p' cxeîvov TÎ)v xpivov eireçsvyei. Sans doute, Justin (XIII, 5, 11-12), après avoir dit ab exsilio revocatur, continue par intérim — Leosthenes occiditur, et Plutarque {VU, X Oratt., p. 846) met le blocus de Lamia après son retour; mais je ne suis pas d'avis, comme Grauert (Analektent p. 255), qu'il faille laisser le dernier mot à ces deux auteurs.

58 MARCHE DE LÉONNATOS [I, 2

Tamour du peuple ^ Quant à Tameade à laquelle il avait été condamné et qui ne pouvait être remise, on trouva un expédient pour l'acquitter : le peuple le chargea du soin d'orner l'autel pour la fête de Zeus Sauveur, et, au lieu de la somme habituelle, on lui compta le montant de l'amende qu'il avait à payer.

Pendant que ces événements se passaient à Athènes, les choses avaient bien changé sur le théâtre de la guerre, et en faveur des Macédoniens. Aussitôt après la mort de Léosthène, Antipater avait détruit une partie des lignes ennemies et gagné de l'espace, ce qui lui permit de faire des approvisionnements suffisants et d'attendre l'arrivée d'une armée de secours. Lysimaque avait déjà amené des troupes enThrace, et de ce côté la Macédoine n'avait plus rien à craindre. Mais surtout Léonnatos approchait. Hécataeos, le tyran de Cardia, qu' Antipater lui avait dépêché, l'avait rencontré marchant du côté d'Eumène, qu'il devait aider à soumettre la Cappadoce : il lui avait exposé que les Macédoniens étaient serrés de près à Lamia ; que de prompts secours étaient nécessaires ; qu'on devait d'abord parer au danger le plus pressant. Comme il s'agissait de nuire à un ancien ennemi, le tyran de Cardia avait redoublé de zèle. En même temps, Léonnatos recevait une lettre de Cléopâtre, sœur d'Alexandre et veuve du roi d'Épire, qui l'invitait à venir à Pella, en lui disant qu'elle avait le désir de se marieravec lui. Aucune nouvelle ne pouvait être plus agréable à cet ambitieux; son armée était prête, la défaite des Hellènes à peu près certaine ; il devenait le sauveur de la Macédoine, éclipsait Antipater, prenait une influence décisive dans l'empire d'Alexandre, et la main de la reine achevait de combler ses vœux. Il abandonna Texpédition de Cappadoce, retourna en Europe, et, ralliant en route une foule de jeunes Macédoniens qui accouraient de tous côtés pour se joindre à sa troupe, il traversa la Macédoine pour aller en Thessalie débloquer Antipater, à la tête de 20,000 hommes de pied et de 2,500 cavaliers*.

•) Phvr , t Demostk. 27. Luciapc., Encom, Demosth. 31. «) DiODOR., XVIII, 14. Plitt., Eumen, 3.

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