‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 360 sur 457 · LES ROIS CONTRE DÉMÉTRIOS [IV · texte numérisé non relu

LES ROIS CONTRE DÉMÉTRIOS [IV

plutôt Samarie que de la laisser tomber dans les mains de rÉçyplien. Il n'est pas douteux que Séleucos n ait été bien vile sur les lieux pour s'approprier ce que Démétrios abandonnait*. La prise d'Athènes était un événement grave pour ces rois, non moins que pour la Macédoine et la Thrace; Démétrios avait préféré abandonner la Cœlé-Syrie plutôt que de renoncer à la conquête ou à la délivrance d'Athènes. Si donc on ne voulait pas le laisser devenir trop puissant, il fallait se hâter de lui barrer le chemin en Grèce.

Ptolémée n'avait pas pu, avec sa flotte, faire lever le siège d'Athènes, mais il avait encore en main une arme avec laquelle il pouvait faire une blessure plus profonde à son audacieux adversaire. A sa cour vivait toujours Pyrrhos d'Épire; les manières habiles et chevaleresques du prince lui avaient conquis la faveur des dames de la famille royale, et Bérénice, qui parmi toutes avait le plus d'influence sur Ptolémée, était tout-à-fait engouée de lui ; ce fut certainement grâce à elle que Ptolémée lui donna pour épouse Antigone, fille de cette princesse et sœur du prince Magas de Cyrène. A partir de ce moment, elle travailla à lui procurer les moyens et l'occasion de rentrer dans ses États héréditaires. Néoptolémos y était devenu odieux à cause de la dureté de son gouvernement ; les désordres en Grèce, les rapides changements de souverain en Macédoine, lui ouvraient les plus belles perspectives, et l'âme de ce prince, audacieux et habile guerrier, était affamée d'exploits et de gloire. Ptolémée, de son côté, devait se hâter de fonder en Europe une puissance capable de s'opposer à celle de Démétrios : la Macédoine était entre les mains d'un enfant ; Lysimaque était trop préoccupé de son intérêt et de celui de j5on gendre, intérêt qui ne s'accordait pas partout avec celui du royaume ég3rptien et auquel Ptolémée ne pouvait opposer qu'une influence acquise par les fiançailles de sa fille Lysandra avec le jeune prince macédonien Alexandre, frère cadet de Philippe. Sans doute, Pyrrhos avait été envoyé à Alexandrie

*) Dans les négociations qui eurent lieu plus tard au sujet de la Cœlé-Syrie (PoLYD., V, 67), les plénipotentiaires syriens allèguent comme un titre de propriété absolument sûr et légal rr^v Bi icp6>Tr,v 'Avxiyovou toO {«.ovofOdtXiJiou xaTdtXv)^tv xa\ tt)v SeXsuxou iuvaatetav Tfi>v T6ica>v toutcov.

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