‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 362 sur 457 · DÉMÉTRIOS DEVANT SPARTE [IV · texte numérisé non relu

DÉMÉTRIOS DEVANT SPARTE [IV

forêt ; rîncendie se répandit avec une violence terrible et força les Spartiates à se retirer en toute hâte * . Démétrios les suivit sur.les routes découvertes ; sans qu'il y eût de combat en forme, les Spartiates reculèrent comme des vaincus jusque dans le voisinage de leur ville, et, comme elle n'avait jusque-là que les murs élevés en 317 contre Polysperchon, ils la fortifièrent en toute hâte avec des fossés, des retranchements et des palissades*. Démétrios les suivit encore; on en vint aux mains dans la vallée de TEurotas : les Lacédémoniens furent battus, perdant SOO morts et 200 blessés; il semblait que la ville elle-même allait tomber entre les mains de Tennemi, car elle ne pouvait opposer une grande résistance'.

Rarement la fortune a fait passer un prince par d'aussi étranges vicissitudes que Démétrios; en ce moment même, où il est sur le point d'achever la conquête du Péloponnèse parla prise de Sparte, il venait de perdre tout ce qu'il possédait en dehors de la Grèce. Les villes de l'Asie qui étaient encore en sa possession, notamment Éplièse\ Lysimaque s'en était em-

*) FOLYiEN., IV, 7, 9.

«) Pausan., I, 13, 6. VIII, 8, 5. Justin., XIV, 5, G.

*) Plut., Demetr, 35.

^) C'est ici probablement qu'il faut placer l'indication fournie par les auteurs, à savoir que.Lysimaque, après avoir pris la ville, fort endommagée par des pluies torrentielles et des débordements de torrents, la reconstruisit sur un emplacement plus favorable et l'appela du nom de son épouse (Steph- Byz., s. V. ''Ëçeaoc), ou, ce qui est moins vraisemblable, du nom de sa fille (EusTATH. et DiONvs. Përieget. 423) Arsinoé (cf. Strab., XIV, p. 640). Peut-être cependant le fait n'eut-il lieu qu'en 287, année où la ville fut prise une seconde fois. Du moins, les monnaies de Lysimaque citées par Cadal- VENE (Recueil de médailles grecques, p. 31) portent encore le nom d'Éphèse, tandis que d'autres, sur lesquelles on voit l'abeille d'Éphèse, portent au lieu de E* la légende APSI, et, au revers, la tête de femme voilée que Ton considère comme étant celle d'Arsinoé (C. Muller, Mùnzen des Lysimachos, p. 80. Imhoof-Blumer in von Sallets Zeitschrifl fur Numism. III, p. 323). Le nom d'Arsinoé tomba de nouveau en désuétude après !a mort de Lysimaque. Il semble bien aussi que, depuis « 1 infortune » de Démétrios, le sanctuaire de Samothrace accepta volontiers la protection de Lysimaque. Il est possible que de cette époque datent et T'Apaivoetov dédié par son épouse, l'Égyptienne Arsinoé, avec l'inscription qu'y a trouvée Conze-Benndohf, et le décret où l'île rend grâce à Lysimaque pour la protection accordée par lui aux pèlerins qui se rendent « auprès des grands dieux de Samothrace », a'msi que contre les brigands et impies Eicixetpi^vavTac ovXyjaatt ta àvaOï^i&aTa ta àvaTiOlvTa unb tûiv ^aaiXécov xai vno twv àXXcov 'EXXi^vwv, etc. (d'après la restitution de Sauppe, Samothrahe, II, p. 85). •

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