OL. cxxi, i] la macédoine
heureuse et la fidélité de ses Épirotes inviolable. Lorsqu'il apprit à connaître les Romains et qu'il les vit supérieurs à tout ce qu'il avait pu se figurer d'un peuple de son temps, il oublia que la guerre faisait d'eux ses ennemis; passionné pour eux, il avait cru qu'il pourrait les gagner en donnant ouvertement une expression aux sentiments de son cœur. Et ce roi chevaleresque, que les destins changeants ont depuis sa jeunesse ballotté dans tous les sens, dont le danger et le malheur ont de bonne heure trempé le caractère, est maintenant le seul maître et seigneur d'un peuple qui l'admire et d*un pays qui, voisin des désordres de la Grèce et de la Macédoine, est situé de manière à lui permettre d'étendre sa puissance sur l'une et sur l'aulre. L'occasion ne tarda pas à se présenter*.
En Macédoine, dépuis la mort du jeune roi Philippe, il régnait un épouvantable désarroi dans la maison de Cassandre. Son deuxièVne fils, Antipater, avait obtenu la couronne. A peine sorti de l'enfance, il devait être encore, avec son frère Alexandre, sous la tutelle de leur mère Thessalonice, la fille du grand Philippe : ils étaient déjà mariés, l'aîné, Antipater, avec Eurydice, fille de Lysimaque, Alexandre avec Lysandra % fille de Ptolémée. Bientôt la jalousie et la discorde se mirent entre les jeunes frères : Antipater ' se plaignait que sa mère cherchait à avantager son favori Alexandre * et à lui faire
*) C'est vers cette époque, à ce qu'il semble, que Pyrrhos acquit Corcyre en épousant Lanassa, la fille d'Agathocle (Diodor., XXI, 4. ExcHœsck.y p. 151). Corcyre devait être la dot de Lanassa, car on voit que Pyrrhos s'y retire (Plut., Pyrrh, iO. Voy. ci-dessous). Évidemment, Ptolémée devait encourager cette alliance, afin que le représentant de sa cause en Grèce accrût d'autant sa puissance , et Agathocle était trop occupé avec ses luttes en Italie pour accorder aux affaires de Grèce toute l'attention qu'avait dû souhaiter Ptolémée en lui donnant sa fille.
2) Syncell. ap. MCller, Fr, Hist, Grœc. III, p. 695. Porphyr. ap. Euseb., I, p. 232 éd. Schœne. On a fait obser>^er plus haut (p. 526, 2) que c'était une fille d'Eurydice, la sœur de Cassandre.
') D'après Pausanias (IX, 7, 3), Alexandre est le plus jeune fils de Cassandre, et c'est ce que semble indiquer également l'expression d'Eusèbe (I, p. 232) : 'AvTtTraxpo; 3è 'AXelâvSpCj) tw 7cai8i <TV|iiipàTTou<Tav etc. Cependant, le même Eusèbe appelle quelques lignes plus loin Antipater tbv vewTepov àSeXçôv.
*) Justin (XVI, 1) dit : quod post mortem mariti in divisione inter fratrès regni propensiw fuisse Alexandro videbatur. Ce partage paraît bien incroyable, et nul autre écrivain n'en parle. Plutarque (Demetr. 36) : dit itpb; ot»T^Xou; eaTaa{fl(Çov ; Eusèbe {loc, cit,) : ttiv {iY)T£pa.. m^iiTCpàtrouaav 'AXe^ecvdpco