‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 365 sur 457 · PYRRHOS ET LES FILS DE CASSANDRE [IV · texte numérisé non relu

PYRRHOS ET LES FILS DE CASSANDRE [IV

avoir Tempire tout entier; il assassina sa mère, le dernier rejeton de la race du roi Philippe. C'était à peu près au commencement de Tannée 293. Alexandre se sauva par la fuite ; il se tourna vers Démétrios pour lui demander son assistance, mais celui-ci était encore absorbé par les affaires helléniques. Alexandre s'enfuit alors en Épire. Pyrrhos lui promit du secours, mais réclama en retour les provinces de Tymphaea et Parauaea, dans Tancienne Macédoine, et, parmi les nouvelles conquêtes macédoniennes, TAcarnanie, TAmphilochie et Ambracie, la plus grande des villes grecques de cette région*. Alexandre y consentit, et Pyrrhos occupa les pays cédés, comme il avait occupé Corcyre, acquise par son mariage avec Lanassa do Syracuse*; son royaume s'étendait alors do TAchéloos aux monts Cérauniens. Il se mit ensuite en marche avec une armée, pour ramener Alexandre en Macédoine : Antipater s'enfuit avec son épouse en Thrace,' pour demander assistance à son beau-père Lysimaque. En guerre avec les Gèles, Lysimaque ne put lui accorder de secours; il désirait à tout prix voir la paix rétablie avant que Démétrios n'intervint. Alexandre fut aisément gagné, mais comment arrêter le jeune « aigle » dans son essor ? Lysimaque espéra y arriver par une supercherie originale; il écrivit à Pyrrhos, sous le nom de Ptolémée, une fausse lettre dans laquelle il Tinvitait à renoncer à cette guerre moyennant trois cents talents qu'Antipaler lui paierait. Pyrrhos reconnut aussitôt la supercherie, car, an lieu du salut habituel de Ptolémée : « le père à son fils », la lettre portait : « le roi Ptolémée au roi Pyrrhos, salut ». Quelque irrité que fût Pyrrhos de cette tromperie de Lysimaque, il conclut la paix. Les trois rois se rencontrèrent pour la jurer ;

;c6p\T^; pa<Ti>f'a;: Pausanias (loc, cit.): *AXtÇdtv5pcj) vffisiv ttXIov eOvotaç aî-cta- <Tà|ii8vo;. De même, dans l'ambassade sus-mentionn<^e de Démocharès, il nVs( pas question d'un autre roi qu'Anlinater.

*) TT,v xe Srjiiçaîav xai ty.v Ilaepaeuatav (vulg. xa\ tt,v TrapaXiav) Tri; Maxsôovta; (Plut., Pyrrh.Q), d'après la correction de Niebuhr [ïïI, 536]. Li situation de la contrt^e r«''sulte d'un texte d'Arrien (I, 7, 5) : la Tymphaea est la région des sources de l'Aoos, et l'Arachthos (Arta) arrose dans son cours supérieur la Parauœa.

*) D'après Pausanias (I, il, 6), Pyrrhos se serait emparé de Corcyre par la force des armes, ^Xoi; ip\t.T,r^çto^ êç' avtbv oùx eOiXwv elvat.

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