‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 366 sur 457 · OL. cxxi, 2] démétrios et alexandhe i'ù · texte numérisé non relu

OL. cxxi, 2] démétrios et alexandhe i'ù

on amena comme victimes un taureau, un bélier et un bouc, mais le taureau tomba avant d'êlre atteint par la hache; les autres se mirent à rire, mais le devin Théodotos déconseilla la paix à son maître Pyrrhos, car ce signée indiquait, d'après lui, que Tun des trois rois mourrait : c'est pourquoi Pyrrhos ne jura pas la paix \ Voilà ce qu'on raconte : Pyrrhos avait sans doute de bonnes raisons pour prendre prétexte de ce signe des dieux et garder les mains libres. Les deux frères paraissent s'être partagé la Macédoine ou l'avoir possédée en commun».

C'est en ce moment que Démétrios arrivait de la Grèce avec son armée. Avec quel plaisir Alexandre se serait vu débarrassé de ce sauveur, qu'il avait appelé lui-même quelques mois auparavant! Il avait payé assez cher les secours du Molosse; maintenant qu'il était en paix avec son frère, une nouvelle guerre ne pouvait amener que de nouvelles pertes. Déjà Démétrios était en Thessalie, au delà des Thermopyles ; le jeune roi courut au devant de lui jusqu'à Dion, à la frontière méridionale de ses États, et le reçut là avec les plus grands honnelirs : il remercia les dieux de ce que le différend avec son frère fût aplani, et assura le roi qu'il n'avait plus besoin du secours qu'il était venu lui apporter. Les politesses réciproques dissimulaient à peine chez Alexandre une inquiète méfiance, chez Démétrios le dépit de voir ses espérances trompées. Invité par Alexandre à un festin, Démétrios apprit d'un jeune homme qu'on en voulait à sa vie, et qu'il devait être assassiné pendant le repas. Démétrios résolut cependant de s'y rendre : il ordonna à ses capitaines de faire prendre les armes à ses soldats;

*) Plut., Py^rh. 6.

») Diodore (XXI, 7. Exe. Hœsch, p. 491) dit que Démétrios, oC pouUiavo; (juveSpov TTj poKTiWa, mit à mort Antipater. L'expression <TÛve5pov fournil la preuve dé ce qui est avancé ci-dessus. Justin (XVI, l) parle aussi de inchoatam intei* fraires reconciliationem. Il y a certainement une erreur dans le texte de TEusèbe arménien (I, 38, p. \1\ éd. Mai): Alexander autem tixore ducta Lysandra Plolemseh coorto sibi bello mm minore fratre Ploiemxoy auxil'atorem invocavU Demetrium, D'après Aucher (p. 328), le texte arménien omet le nom de Ptolémée dans le second membre de phrase, et Petbrmann dit également (p. 231 , n* 7) : nec ego vidi in exemplari Venetiis asservato.

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ensuite, il se rendit au lieu du festin avec les pages royaux et les emmena avec lui dans la salle, en leur ordonnant d'y rester jusqu'à ce qu'il se levât de table. Alexandre avait une suite moins nombreuse'^ et n'osa pas à exécuter ce qu'il avait projeté. Démétrios se leva bientôt de table, disant qu'il n'était pas en état de boire davantage. Le lendemain, il donna l'ordre du départ : différentes nouvelles, disait-il, le forçaient à s'en retourner; il priait Alexandre de ne pas mal interpréter son prompt départ ; il espérait avoir une autre fois plus de loisir et rester plus longtemps auprès de lui. Le jeune roi exprima sa joie de ce que Démétrios le quittait spontanément et sans rancune, et lui demanda de lui accorder l'honneur de l'accompagner en Thessalie avec son armée : son dessein était, en feignant la confiance et en restant avec Démétrios au milieu de son armée, de trouver plus sûrement l'occasion d'exécuter son plan. Démétrios le prévint. Arrivés à Larissa, il invita Alexandre à sa table : tout-à-coup Démétrios se lève; Alexandre craignant que ce ne soit un signal, se lève avec lui et suit Démétrios sur les talons jusqu'à la porte. En sortant, Démétrios crie à ses gardes : « Frappez celui qui me suit! » et il sort ; c'est en vain que la suite d'Alexandre cherche à lo sauver, elle est massacrée avec lui. En mourant, le jeune roi regretta avec imprécations de n'avoir pas vécu jusqu'au lendemain ; c'est Démétrios qui aurait été étendu là à sa place** La nuit qui suivit fut une nuit d'agitation et de trouble; les Macédoniens qui étaient venus avec le jeune roi« craignaient que Démétrios ne les fit aussi massacrer. Le lendemain matin, le roi leur fit dire de ne rien craindre, qu'il désirait leur parler et se justifier de ce qui s'était passé. 11 vint :

*) Plut., Dcmetr. 37. Justin., XVI, \. Pausanias (IX, 7, 3) explique les choses d'une façon singulière, en disant qu'Antipater tua sa mère parce qu'elle lui préférait son jeune frère, mais que celui-ci appela Démétrios et se défit par lui de son frère Antipater. Cependant, cette divergence peut bien n'être que l'effet d'une narration trop écourlée, où Pyrrhos n*est môme pas mentionné.

*) Ces Macédoniens doivent être l'armée d'Alexandre. Ce prince avait eu besoin de cette escorte, non seulement pour sa dignité et pour le cas où son projet d'assassinat aurait réussi, mais parce que c'était à l'armée de décider entre les prétendants au trône.

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