‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 369 sur 457 · LA MACÉDOINE SOUS DÉM&TRIOS [IV · texte numérisé non relu

LA MACÉDOINE SOUS DÉM&TRIOS [IV

montât, jamais il n*a eu le souci de se maintenir : c'est en tout rhomme du moment, et avec le moment changent son caractère, sa fortune, ses plans.

Les auteurs parlent peu des rapports de Démélrios avec les Macédoniens, et ce peu se rapporte aux dernières années de son court règne. Les premières ont dû être toutes différentes : il n'est pas possible que la population de la Macédoine fut déjà tombée dans Tindolence des peuples vaincus de TAsie ; Démétrios, avec ses quelques milliers de soldats, n*a pas pu établir un camp de condottiere dans la patrie d'Alexandre et de Philippe ; il a dû savoir complaire à la nation, réveiller ou du moins tenter de réveiller dans les premiers temps ses éléments vivaces, les entraînements trop brutalement méconnus de son glorieux passé, pour reconstituer en elle Tesprit national. Il est vrai que l'histoire des Macédoniens a cette analogie avec celle de la maison royale, que leur puissance comme la sienne va graduellement en s^abaissant, en s'usant jusqu'à la destruction finale. Mais celte révolution dure plus de deux siècles, et l'époque des Diadoques ne contient que les premières phases de celte triste décadence. Sous Cassandre, ce peuple vainqueur du monde et dont Thistoire se confond avec celle du monde est rentré dans la sphère bornée d'une politique qui déjà ne s'étend plus au-delà des limites étroites du temps de Philippe ; déjà il a cédé à son voisin d'Épire des territoires considérables ; déjà il a fait abandon de son influence sur la Grèce, et s'est vu éclipser par les empires qu'il a luimême conquis. Mais il va se relever, car il a désormais pour roi reconnu le fils de cet autre roi qui a voulu reconstituer le grand empire des conquêtes et qui a succombé parce qu'il n'a pas demandé pour ses entreprises l'assentiment de la patrie macédonienne; Démétrios a hérité des prétentions de son père et saura les faire valoir en s'appuyant sur la puissance et la fierté d'un peuple qui a conservé ses vertus guerrières; il est maître des pays helléniques, et il les soumettra de nouveau au nom macédonien ; sous lui, la Macédoine combattra pour reconquérir ses conquêtes perdues. L'échec complet de cette tentative va donner la preuve que le temps d'un empire macédonien réunissant l'Europe etl'Asie est irrévocablement passé.

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