‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 38 sur 457 · OL. cxiv, 2] combat contre léonnatos S · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2] combat contre léonnatos S

On pouvait être alors au deuxième mois de Tannée 322. L'armée des alliés n'était plus au complet : les Étoliens n'étaient pas revenus, et les contingents de plusieurs États grecs avaient regagné leurs foyers pour l'hiver*. C'est à ce moment aussi, semble-t-il, qu'Arjrptaeos abandonna la cause des alliés avec sesMolosses*. Iln'était'plus possible, avec des forces ainsi réduites, de partager l'armée en deux corps, dont l'un continuerait le siège de Lamia, tandis que l'autre marcherait à la rencontre du gouverneur de Phrygie. L'essentiel était d'empêcher la jonction des deux armées macédoniennes, et le seul moyen, c'était une victoire rapide et décisive sur Léonnatos. Aussi le siège fut-il aussitôt levé, le camp incendié, les bagages et les invalides transportés à Méliteia, ville forte située au milieu des montagnes, sur la grande route de Lamia en Thessalie*. L'armée hellénique, forte de 22,000 fantassins et déplus de 3,500 cavaliers conduits par Ménon, l'hipparque de la cavalerie thessalienne, s'avança sous le commandement en chef d' Antiphilos au-devant de l'ennemi*. Les deux armées se rencontrèrent dans une plaine qui, entourée de hauteurs boisées, aboutissait d'un côté à un marais couvert de joncs. C'était un excellent champ de bataille pour la cavalerie, qui faisait la force de l'armée des coalisés. Un combat de cavalerie s'engagea qui se prolongea longtemps et fut mené avec vigueur : finalement, les escadrons macédoniens ne purent résister davantage au nombre et à la supériorité marquée de la cavalerie thessalienne. Ils furent rompus ; une partie fut jetée dans le marais, et parmi eux Léonnatos, qui avait combattu avec sa vi-

«) TÔv âOXwv 'EXXnvcov oùx oX^yoi (DlODOR., XVIII, 15).

*) <*<rTepov Btk wpoîodac <TvvT^pyY)<rs Tot; Maxsô6<Ti (DiODOR., XVIII, 11, 1). On De voit pas si Aryptœos était de la famille des princes, ou simplement un personnage important de la région; puisqu*il passa alors du côté des Macédoniens, c'est sans doute qu'il n'était pas du parti d'Olympias.

^) Melileia est située sur le versant septentrional de l'Othrys, au bord de TEnipée (Strab., XI, p. 432), à 60 ou 70 stades au-dessus de Pharsale, et à une forte étape de nuit de Larissa (Polyb., V, 97).

*) Par quel chemin, c'est ce qu'on ne dit pas ; ce n'était probablement pas par celui de Méliteia, la principale route pour aller en Thessaiie ; il semble que Léonnatos essaya de se jeter du côté de Lamia, en passant par Phères et Thèbes, d'autant plus que cette Thèbes sur le golfe de Pagase était fidèle aux Macédoniens.

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gueur et son courage habituels. Couvert de blessures, il s'affaissa et mourut : c'est à grand peine que les siens purent arracher le corps de leur général à Tennemi victorieux. Pendant ce combat de cavalerie, Tinfanterie des deux côtés n'avait pas bougé. Dès que la victoire se fut décidée en faveur des , alliés, la ligne macédonienne se retira sur les hauteurs boisées, soit qu'elle craignît d'être enfoncée par les Thessaliens enivrés de leur victoire, ou qu'elle eût reçu l'ordre exprès de cesser le combat*. Les Thessaliens cherchèrent à plusieurs reprises à s'emparer des hauteurs, mais sans succès. Épuisés par un combat de plusieurs heures, les chevaux ne pouvaient plus servir à de nouvelles tentatives. Les alliés érigèrent un trophée sur le champ de bataille et se retirèrent dans leurs positions.

En dépit de leur victoire, les alliés n'avaient rien gagné, puisqu'ils n'avaient pas pu anéantir toute l'armée de secours. C'était un insuccès irréparable, car, le lendemain de la bataille, Ântipater, s'échappant de Lamia où l'on n'avait pas pu laisser decorps d'observation, fit sa jonction jtvec l'armée de secours, dont le gros n'avait pas été entamé. Pour lui, l'issue de la journée précédente était décidément favorable : Léonnatos eût été un rival dangereux, et, s'il avait été vainqueur, Antipater sauvé par lui n'aurait pu jouer à côté de lui qu'un rôle secondaire. Maintenant, au contraire, il héritait, par la force des choses, du commandement de l'armée même qu'avait amenée Léonnatos, et, sans être supérieur aux alliés, car sa cavalerie avait été fortement éprouvée, il était du moins en état de tenir la campagne en pays ennemi. Évitant les plaines et les moindres escarmouches, il se retira lentement de la partie méridionale de la Thessalie en suivant les hauteurs généralement boisées, et prit enfin position à proximité de la Macédoine, de

*) Diodore, qui donne seul un récit un. peu détaillé de cette bataille (XVIIl, 15), adopte la première version : cependant, vu les circonstances présentes, il n*aurait pas été prudent d'engager toutes les forces de Tarmée dans un combat qui ne devait être que défensif : le but principal était de rejoindre les Macédoniens de Lamia, et ce but, on le vit bien le jour suivant, pouvait être atteint sans prolonger la lutte. Aucun auteur ancien ne désigne l'endroit où eut lieu l'engagement; il devait être à quelques milles au N.-E. de Lamia, sur la route qui mène à Thèbes de Phthiotide.

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