OL. cxxi, 4] lysimaole et les gètes
ennemis de la -démocralie autant par leurs théories que par leurs habitudes, et dont la réapparition dans la ville brisait la puissance du démosy malgré la conservation des formes démocratiques. Enfin Démétrios plaça dans la ville même une garnison macédonienne, pour laquelle on fortifia le Musée (MsuffsTcv), le rocher qui est à l'entrée des Longs Murs*. Au fond, Athènes était maintenant une ville de province macédonienne. Pendant ce temps, il s'était passé dans le royaume de Thrace des événements qui promettaient d'être extrêmement favorables à la nouvelle royauté de Démétrios et à ses plans ultérieurs. Lysimaque avait eu sérieusement à lutter au-delà de THaemos contre les forces réunies de laPentapole et des Gètes sur le bas Danube; il ne semble pas qu'il ait soumis d'une manière durable les cinq villes grecques, et Tempire des Gètes se maintint sous le roi Droniichœtès. Les maigres renseignements qui sont arrivés jusqu'à nous ne nous permettent pas de savoir sous l'empire de quelles préoccupations Lysimaque resta aussi inactif pendant les luttes de Démétrios dans l'IIellade et dans la Macédoine. L'étude des monnaies des rois postérieurs de la Bithynie nous révèle que c'est en l'année 298/7 que commence l'ère de ce royaume; c'est sans doute en cette année que le dynaste Zipœtès prit le titre de roi : s'il agrandit son territoire, ce ne put être d'abord qu'aux dépens de Lysimaque, dont le domaine enfermait presque la Bithynie dans tous les sens. Le fait le plus rapproché par la date que racontent nos sources montre Lysimaque engagé dans une guerre nouvelle contre les Gètes *. Il avait envoyé contre eux
') L*opinion adoptée ici, à savoir que c'est bien maintenant, et non pas dès 299 (voy. ci-dessus, p. 543) que le Musée a été occupé et fortifié par Démétrios, se fonde sur un passage de Pausanias (ï, 25, 5) : Ari|Ar,Tpioc.... xypawwv èXeuOep(tf(ra; 'AOtjvaîov; x6xt «apavxixa jUTa rriv Aavâpov; açayTiv oùx oticlâcuxe Tov IleipatS, xai vffxepov 7coX£(io> xpaTi^aaç cloTQyayev e; auto çpovpàv xh ootu xa\ Mouaetov xaXoûjuvov Teixî<iac. En face de ce témoignage exprès, qui fait mention de la guerre intervenue entre les deux occupations, l'allégation sommaire de Plularque [Demctr,, 3i) a bien peu de valeur.
*) DiODOR. XXÏ, It, texte tiré des Exe. dt virl. et vit., p. 257. Un passage des mêmes Excerpta (p. 258) parle de la clémence de Démélrios envers Thèbes vaincue. C'est le seul point de repère chronologique que nous ayons pour cette guerre des Gètes; encore ne peut-il nous apprendre qu'une chose, à savoir que la guerre a eu lieu avant 292, mais non pas si elle a duré deux H 36
562 PAIX ENTRE LYS1MA(JUE ET DÉMÉTRIOS jlV, 1
son fils Âgathoclës : la campagne fmit mal ; Agathoclès fut fait prisonnier. Les Gètes le renvoyèrent à son père avec des présents *; ils espéraient par là gagner Tamitié du roi et se faire restituer le territoire qui leur avait été enlevé, puisqu'ils devaient renoncer à Tespoir de vaincre un monarque allié avec les plus puissants potentats, au près et au loin ^ Mais, après un tel succès, la puissance des Gètes sur les derrières deLysimaque était assez considérable pour le détourner de toute tentative qu'il eût pu faire en faveur d'Antipaler, son gendre réfugié chez lui, en profitant des troubles de la Macédoine. Il repoussa les instances toujours renouvelées de sa fille et de son jeune époux, qui le poussaient à les ramener de force dans leur patrie ; son premier but^ dès qu'il aurait les mains libres, devait être d'humilier les Gètes ; il conclut avec Démé* trios une paix par laquelle il le reconnaissait comme roi de Macédoine et lui cédait formellement la partie du territoire macédonien attribuée à Antipater^.
De cette manière, il se trouva enfin en mesure de renouveler la lutte contre Dromîchœtès * ; à quelle occasion ou sous
ans ou plus. En rapprochant un passage de Justin (XVI, 1, 19) : Lysimachus cum beilo Dromichœtis premeretw\ d'un autre passage du même auteur (XVI, 2, 4) et d'un texte de Plutarque (Demetr. 39 sub fin.), on arrive à cette conclusion, que l'expédition d' Agathoclès se place avant la paix conclue en Macédoine (294). On voit par Plutarque que Lysimaque fut fait prisonnier après (ov itoUô vî<nepov) la victoire de Démétrios sur Thèbes, par conséquent vers 291/0.
*) Agathoclès est le fils de la princesse odryse que Polyœnos (VIi 12) appelle Macris, un nom que Paluerius voulait transformer en Amastris, contre le témoignage de Pausanias (ï, 10, 4).
*) Diodore (XXI, 11) dit : aupLitEçpovrixÔTwv àicavxcdv ff*/éôov x&v ouvaTiotâtcov ^aiTtXécdv x«\ ffutipiaxivTwv àXXT^Xoiç, C'est une opinion que les Gètes n'auraient pas eue si Pyrrhos eût déjà envahi la Macédoine, ou même si Démétrios y eût été le maître. On serait tenté de placer cette expédition d'AgathocIès avant la bataille d'Ipsos, mais il y a deux misons qui en empêchent, d'abord, l'expression de Diodore (paaOéwv), que l'on ne pouvait pas employer tant qu'Antigone était au pouvoir, et ensuite, îe fait que l'événement en question ne se trouve plus dans le Hvre XX.
^) Justin., XVI, 1, 19. Tnoo. XVI (les mss. donnent Doricetes), Justin dit : tradita ei altei^a parle Macedoniw, quœ Antipatro genei^o ejus obvenerat, pacem cum eo fecit,
*) Justin, Trogue-Pompée, Memnon, Polycenos, l'appellent roi des Thraces : seul, Strabon (VII, p. 302 et 305) le dit roi des Gètes, et Suidas (s. v. àvaSpoiiifi) roi des Odryses.