‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 373 sur 457 · OL. CXXll, 1] LTSIMÂQLË PRlSO.NiXlKR DES GÈT£S · texte numérisé non relu

OL. CXXll, 1] LTSIMÂQLË PRlSO.NiXlKR DES GÈT£S

quel prélexle, nous riguorons. Lysimaque semble s'èlrc mis en campague avec une armée exceptionnellement forte ; le jeune Cléarchos d'Héraclée était avec lui. Un chef de l'armée des Gètes * vint comme transfuge dans le camp du roi ; il voulait, disait-il, indiquer un chemin par lequel on pouvait surprendre Tennemî. On eut confiance en lui ; il conduisit Tarmée dans de vastes déserts, où Ton manqua bientôt d'eau et de vivres : les Gètes harcelaient Tarmée ; c est en vaip qu'on cherchait à se défendre contre eux ; la détresse alla jusqu'au désespoir. Les amis conseillèrent au roi de se sauver, comme il le pourrait, en abandonnant l'armée ; il répondit qu'il n'était pas juste d'acheter honteusement son salut en trahissant les amis et l'armée ^ Lorsqu'enlin il n'y eut plus le moindre espoir, il se rendit prisonnier avec son armée. Comme on lui offrait un peu d'eau à boire, il s'écria : « Maudite soit ma lâcheté, d'avoir abandonné un si beau royaume pour une si courte jouissance' ! » Alors arriva Dromicbselès, qui salua et embrassa le roi, l'appela son* père et le conduisit avec son fils dans la ville d'Hélis.

A la nouvelle de la défaite de Lysimaque, Démélrios était parti avec une armée pour envahir son royaume ^ qu'il espé-

*) Memnon (c. 5, 1) et Polyœnos (VII, 25) ne sont pas exempts d'erreurs de détail. Polyœnos dit : « Dromlchœtès était roi des Thraces, Lysimaque, des Macédoniens. Le Macédonien porta la guerre en Thrace. Le Thrace tromf)a le Macédonien. Son général -^thès alla spontanément trouver Lysimaque DromichoDtès le surprit et tua (àvelXev) Lysimaque lui-même, et

tous ceux qui étaient avec lui. Il périt 100,000 hommes. Maaswyk substituait au nom d'^Ethès celui du prince odryse Seuthès (correction adoptée par Wolfflin). S'il existait alors un prince odryse, c'était celui que Ton connait par une seule et unique monnaie. Cette médaille, entrée avec la collection Prokesch dans le Muséum de Berlin, est un tétradrachme qui oiïre tout à fait le type des monnaies d'Alexandre de la cinquième classe; au revers, à côté de Zeus assis, la légende KEPillBAVA BA2IAE, et sous le trône, le monogramme Kl (peut-être identique au monogramme 184 de L. Muller, Mùnzen des Lysimachos),

«) DioDOR., XXr, 12, 2.

') Plut., De ser. num. tind. i 1 (IV, p. 18, éd. Ta,\ic\m\ii)^DesanU. tuend, 9 (I, p. 293, éd. Tauchn.). C'est là ràvaîpoinri dont parle un prétendu fragment de Polybe (fr. 16).

*) Plut., Demelr. 39. La seconde défection de Thèbes étant donnée comme la conséquence immédiate de ces événements, on peut ainsi fixer rexpédition de Lysimaque chez les Gèles à la date de 291.

564 LK ROI DROMICÏliCTÈS [IV, 1

rail trouver sans défense. Le bruit en arriva certainement chez les Gètes, et Dromichaetès n'était pas assez Barbare pour ne pas comprendre quel était son avantage. Les Gètes se réunirent en masse, exigèrent que le roi prisonnier leur fût livré pour être puni, car il convenait, d'après eux, que le peuple, qui avait pîU'tagé les dangers, décidât du sort réservé aux prisonniers. Dromichaetès leur répondit qu'il était de leur intérêt de sauver le roi, car, s'ils le mettaient à mort, d'autres s'empareraient aussitôt de son royaume et deviendraient aisément pour eux des voisins plus dangereux que Lysimaque : s'ils suivaient ses conseils, non seulement ils obligeraient Lysimaque à une reconnaissance éternelle, mais de plus, ils recouvreraient les territoires conquis par lui et auraient en sa personne un ami et un fidèle voisin. Les Gètes approuvèrent ces arguments; après quoi, Dromichaetès alla choisir parmi les prisonniers les amis et les serviteurs de Lysimaque et les conduisit auprès de leur roi. Ensuite, pendant qu'on préparait les sacrifices, il l'invita avec ses amis, ainsi que les principaux de sa propre nation, à un festin. On avait préparé deux sortes de tables : les sièges de celles^ qui étaient destinées aux étrangers étaient couvertes de tapis précieux qui faisaient partie du butin, auprès des tables des Barbares, le sol était couvert de nattes grossières ; pour les étrangers, des tables d'argent couvertes de mets exquis et de friandises à la mode hellénique, pour les Gètes, des viandes et des légumes, en petite quantité, servis dans des plats de bois, sur des tables rustiques; puis on apporta le vin, pour les étrangers dans des coupes d'or et d'argent, pour les Gètes dans des cruches de bois et des cornes à boire. Et lorsqu'on eut bu déjà copieusement, le roi Dromichaetès remplit la grande corne à boire et la présenta à Lysimaque en disant : « Quel repas, 6 mon père, te parait royal, celui des Macédoniens ou le nôtre, à la mode thrace? » Lysimaque répondit : « Le repas macédonien, à coup sûr ! » Eh bien! mon père, reprît Dromichaetès, comment as-tu pu quitter une vie si opulente et si luxueuse pour venir chez nous, des Barbares, qui vivons comme les animaux sauvages, dans notre pays qui est rude et glacial et pauvre en fruits de la terre? Comment as-tu pu

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