‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 375 sur 457 · OL. cxxiT, 2] les fêtes pythïques a Athènes S · texte numérisé non relu

OL. cxxiT, 2] les fêtes pythïques a Athènes S

lion'; naturellement il laissa une garnison dans la Cadmée, comme il y en avait une sur le Musée d'Athènes. Les temps étaient passés où le mot de libre démocratie était inséparable du nom de Démétrios ; comme roi de Macédoine, il était obligé de suivre ces mêmes principes politiques qu'il avait si souvent combattus en face de Cassandre. Il était en ce moment véritablement maître de la Grèce, qui, à Texception de Sparte et de l'Étolie, lui était entièrement soumise*.

n nous esLimpossible de savoir si Sparte continua la lutte contre Démétrios, ni dans quelles conditions elle le fit. Les Étoliens, favorisés par le voisinage du royaume épirote et alliés avec lui, se montrèrent constamment ennemis, et ennemis audacieux, de Démétrios et de la Grèce qui lui était soumise. Les Locriens, leurs voisins, marchaient avec eux; ils avaient occupé Delphes, et lorsque, dans l'automne de la troisième année de la CXXIP Olympiade, on voulut célébrer la grande fête pythique, ils barrèrent les passages dits des « Trois- Voies » et empêchèrent les autres Hellènes de se rendre aux Jeux pythiques. Démétrios décida que, comme le chemin de Delphes était barré par les Étoliens, la célébration de la fête d'Apollon incombait aux Athéniens, dont il était le dieu patronymique et Tancêtre; en conséquence, les Pythies, avec tous les jeux qui s'y rapportent, luttes, théories, sacrifices solennels, etc., seraient célébrées désormais à Athènes, et les solennités de cette année auraient lieu dès ce moment dans cette ville. Cette innovation étrange fut mise en pratique dès cette année 290 ; c'est peut-être , dans l'histoire des cultes helléniques, le premier exemple qu'une cérémonie religieuse, attachée absolument à une localité déterminée par sa fondation,

') ©Yiôaioi; ptiv ineôcoxeTTiv itoXixefav (Plut., Demetr. 46). Un renseignement instructif, c'est que, dans une inscription datée du 12 Métagitnion de Tarchontat de Thersippos (fin août 289), il est question d'un traité toO îtqiiou ToO *AOrivotiwv xa\ [toO xoivojO toO Boiwtwv (C. I. Amc, II, n<» 308).

2) La chronologie de ces événements est incertaine. On voit par Plutarque que la seconde prise de Thèbes a eu lieu avant l'automne 290 (01. CXXII, 3, fête des Pythia ). Plutarque dit: faî; \kh oOv Sr^$%tç o{?itu> ôlxatov oixou|i£vaiç 6To; &Xfi>yo(c î\; £v t^ xp^^'P fo^fv ffyvéTOoc, C'est un passage qui, de toute manière, est corrompu. Comme le siège de Thèbes dura assez longtemps,- on peut supposer qu'il a commencé à l'automne 291, et placer la captivité de Lysimaque au printemps de la même année.

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son mythe, Thabilude d un grand nombre de siècles, ait été arbitrairement transportée dans un autre lieu par des considérations d'ordre rationnel *.

Après ces fêtes d'Athènes, Démétrios retourna en Macédoine pour y passer l'hiver. Déjà les Macédoniens commençaient à se plaindre sérieusement: les troupes étaient indisciplinées, querelleuses, insolentes et ennemies de tout ordre social, une plaie pour le citoyen et le paysan; le roi lui-même se complaisait dans une immoralité sans vergogne, dans une vie de scandaleuses débauches ; de toutes les grandes choses qu'on pouvait avoir espéré de lui, aucune ne s'accomplissait; on n'avait pas même reconquis les territoires pris par Pyrrbos, et les luttes en Grèce n'apportaient aucun bénéfice au pays, à peine un peu de gloire; on voyait dans les autres pays s'accroître la stabilité, le bien-être, l'éclat, et la Macédoine, au lieu de redevenir forte, tombait de plus on plus bas. Le roi ne se souciait pas de cet état de choses: ses pensées étaient toutes à des projets toujours nouveaux et de grande portée. Le vieil Agathocle de Syracuse lui envoya son fils Agathocle, pour conclure avec lui un traité d'amitié : Démétrios le reçut avec de grands honneurs, le revêtit d'un habit royal et le combla de dons; il renvoya avec lui Oxythémis', l'un des amis, pour recevoir le serment confirmant l'alliance conclue ; il donna à ce dernier la mission secrète d'étudier les affaires de la Sicile, de voir s'il y avait là quelque chose à faire, de tirer parti do tous les moyens possibles pour y établir l'influence macédonienne'. Vers le même temps, Lanassa, la fille d'Agathocle et l'épouse de Pyrrhos, envoya dire à Démétrios qu'il était indigne d'elle de partager la couche du roi d'Épire avec des femmes barbares ; que, si elle avait supporté de vivre à côté de la fille de Ptolémée*, elle ne voulait pas être dédaignée pour des concu-

*) Plut., Demetr.àO.

') C'est le môme Oxythémis, flls d'Hippostratos, auquel les Athéniens avaient conféré, une dizaine d'années auparavant, le droit de cité (C. (. Attic, ir, no 243).

') Ces curieux renseignements se trouvent dans Diodore (XXI, 15), et Texactitude en est confirmée par certains incidents survenus à la eour de Syracuse.

*) Par conséquent, Antigone devait être déjà morte à celle époque.

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