‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 377 sur 457 · OL. cxxii, 3] défaite des macédoxiexs · texte numérisé non relu

OL. cxxii, 3] défaite des macédoxiexs

amis remportent grièvement blessé. Les Épirotes se précipitent sur les phalanges macédoniennes, les rompent, et remportent une victoire complète : les Macédoniens fuient dans le plus grand désordre. Telle fut Tissue de cette journée, où, rien que parmi les Macédoniens, il y eut 5,000 prisonniers. L'Étolie est délivrée; Pyrrhos, Taîgle, comme ses troupes l'acclament, retourne en Épire à la tête de son armée victorieuse, afin de rencontrer l'armée de Démétrios, mais ce dernier, à la nouvelle de la défaite des siens, a levé le camp on toute hâte; il est rentré en Macédoine \

C'est pour Démétrios un fatal début : non seulement il voit échouer ses plans de conquête en pays d'outre-mer et s'évanouir l'espoir de reprendre des territoires appartenant autrefois à la Macédoine ; ce qu'il y a de plus grave, c'est que l'auréole dont la victoire avait entouré ses armes a disparu. Le nom de l'aigle commence à exercer son charme magique sur les Macédoniens eux-mêmes: Pyrrhos, se disent-ils maintenant, est le seul d'entre les rois chez qui Ton retrouve l'audace d'Alexandre ; seul il lui ressemble par la réflexion et le courage ; les autres sont de vains imitateurs du grand roi, qui croient lui ressembler quand ils penchent comme lui la tête de côté, portent la pourpre comme lui ou se font suivre d'une garde du corps ; Démétrios est comme un comédien, qui joue aujourd'hui le rôle d'Alexandre, et qui pourra peut-être représenter demain celui d'Œdipe fugitif».

Démétrios ne prit nul souci de cet état de l'opinion. Il ne fit qu'exagérer encore (tel est du moins le récit de Plutarque, qui remonte à Douris^) la magnificence et la dépense de sa cour ; il ne se montrait jamais qu'avec tout l'appareil royal, avec un double diadème, des chaussures de pourpre, un manteau de pourpre broché d'or; depuis une année entière, on travaillait pour lui h une chlamyde ornée des dessins les plus artistiques ; c'était tous les jours des festins, dont le luxe dépassait tout ce qu'on avait cru possible jusqu'alors. U était inabordable pour

*) Plut., Pyrrh. ?• Demetr, 41.

*) Plut., Demetr. 41.

') On reconnaît ù certaines expressions <\e Plutarque un emprunt fait à Douris (ap. Atken., XII, p. 535).

Page 1